• Sylvie

Relations internationales - 3

Cours 3 – 28/02/22

III. Différentes approches théoriques

Parmi ces approches, deux catégories : les approches géographiques et politiques, et ensuite les approches théoriques, épistémiologiques.

1) approches géographiques et politiques : analyses, ou approches que l’on qualifie de classiques, et les approches contemporaines.

- les analyses classiques datent de l’antiquité mais étaient limitées à l’époque : principalement professionnelles, entre commerçants, néanmoins il y avait le grand instrument de contact qu’était la terre (les relations internationales n’étaient possibles que sur la terre), et comme il y avait une sorte de guerre permanente entre les cités on a d’avantage réfléchit à l’organisation interne des cités à l’organisation entre les différents empires. Montesquieu, in De l’esprit des lois, consacre un petit texte intitulé considérations sur les causes de la grandeur et de la décadence de l’empire romain. Ce qu’il visait c’était indirectement la situation au 18è mais il y avait des prémisses que l’on retrouve chez deux figures de la pensée grecque qui étaient Hérodote et Thucydide qui chacun portaient un regard sur une situation différente.

Hérodote est considéré comme le père de la géographie moderne, alors que Thucydide est considéré comme le père de l’histoire et des relations internationales. Thucydide parle de la guerre du Péloponnèse, région en Grèce, à l’époque guerre entre Sparte et Athènes au Vè s avant JC. Il part de cette guerre pour montrer pourquoi ce conflit ne peut se résoudre que par la sujétion de l’une des deux puissances ; cette analyse rappelle celle que l’on peut faire aujourd’hui entre deux souveraineté, même s’il n’y avait pas de souveraineté à cette époque – aujourd’hui ce serait inconcevable, les deux cités devraient trouver un moyen de cohabiter. On considère que son analyse était moderne dans l’étude des comportements individuels et communautaires.

Thibaudet : a écrit un livre « la Campagne avec Thucydide » où il compare la première GM et la guerre du Péloponnèse.

Avec Hérodote, qui est un voyageur, il raconte ce qui se passait aux confins de la Grèce mais est moins rationnel, des histoires parfois à la limite du mythique. Il apparaît plus archaïque de Thucydide car il entre dans le jeu de la mythologie au lieu d’avoir une analyse purement scientifique. Il a une ambition néanmoins encyclopédique.

Au-delà de l’antiquité les grands auteurs, notamment ceux du MA, se sont relativement peu intéressés aux relations internationales. Rousseau, dans son Contrat social, indique au détour d’une phrase « après avoir posé les vrais principes du droit politique et tâché de fonder l’E sur sa base, il resterait à l’appuyer sur ses relations externes ce qui comprendrait le droit des gens, le commerce, le droit de la guerre, le droit public, les négociations, les traités, etc... » : son approche n’était pas internationale mais il ajoute « mais tout cela forme un objet trop vaste pour ma courte vue ». Il était modeste dans ses propos car il avait publié en 1713 les papiers de l’Abbé Saint-Pierre qui s’intitulait « Projet pour rendre perpétuelle la paix en Europe » - c’est l’un des premiers sujets qui l’a intéressé (l’Abbé Saint-Pierre s’était positionné pour la fin d’une guerre de succession en Espagne).

Les auteurs des 19 et 20è si se sont intéressés marginalement à ces relations. Tocqueville, ministre des affaires étrangères en 1848, s’est confrontés aux problèmes de revendications de territoire allemandes, a réfléchit également sur la conquête de l’Algérie dont il a conclu que « les français ne savant pas convaincre les population […] ou bien nous tuerons tous les arabes ou bien nous seront jetés à la mort ».

Marx également a assez peu écrit sur le sujet puisque son analyse se réduisait aux rapports économiques or aujourd’hui ces rapports, et on le voit entre la Chine et les EU, sont une dimension centrale des relations internationales ne l’ont pas toujours été. Les réflexions vont être surtout post-marxistes. Donc pas nécessairement d’analyse dans les relations internationales en général.

Mais cette pensée va s’installer avec la pensée de l’histoire diplomatique notamment avec Saint-Simon, où on voit apparaître les relations internationales en tant que telles avec notamment Machiavel et son discours sur la première décade de Tite-Live qu’il transpose à son contexte du 16è où il mène une réflexion sur la République. L’objectif de Machiavel était de libérer l’Italie des barbares, c’est-à-dire des français ; cette analyse relève du rapport entre les puissances, notamment envahissantes.

Adam Smith : « Essai sur la nature et les causes des nations », fin 18è, porte sur les échanges et les transformations économiques. C’est l’un des auteurs à l’origine de la pensée sur le libre-échange, c’est-à-dire l’organisation internationale actuelle dans son aspect économique.

Dans les premiers auteurs on a également Clausewitz, « De la guerre », traité de stratégie militaire, il s’agissait d’un général qui avait servi l’armée prussienne puis l’armée russe puis prussienne à nouveau. Les 3 livres qu’il a écrit étaient liés à des situations historiques, pour lui il n’y avait pas de « bonne » manière de conduire la guerre.

Et puis également un auteur classique : Grossus, juriste hollandais « Du droit de la guerre et de la paix » : considéré comme l’un textes fondateurs du droit international car beaucoup d’indication qu’il contient sont encore valables aujourd’hui, notamment sur la souveraineté.

- les analyses contemporaines : elles débutent au 19è s et connaissent un essor au XXè, surtout aux EU. Les écoles américaines des relations internationales, sans rentrer dans le détail, sont souvent reliées aux universités ; il y a des liens forts entre les administrations et les chercheurs. On le voit notamment avec Georges Kenan dont les idées ont influencé pendant la guerre froide la politique des EU notamment à travers la notion de containment ; l’endiguement signifie le fait de mettre un arrêt à la zone d’influence soviétique au-delà des limites atteintes en 47.

Autre personnalité connue : Henri Kissinger qui était secrétaire d’E du gouvernement Nixon et qui a eu un rôle influent dans la diplomatie américaine entre 68 et 77 durant la guerre du Vietnam et la guerre du Kipour ; c’était un promoteur de la real politik (pas place pour les « bons sentiments », la notion est attribuée à Bismarck mais on en retrouver les origines chez Machiavel (le Prince). Il a joué un rôle crucial dans le rapprochement avec la Chine en 71 et la fin de la politique des deux Chine, et également dans la détente avec l’URSS ; il avait notamment pour client des firmes internationales qui l’assistait dans les contrats commerciaux avec les E.

(A retrouver) Madeleine Allbright première femme secrétaire nommée par Clinton en 96 et professeure de relations internationales. Autre : Condlit Ryze (à retrouver) professeur de relations internationales à Stanford, seconde personnalité afro-américaine après son prédécesseur Colon Pharell, cf celle qui a gardé son siège à la Cour Suprême et qui n’a pas laissé son siège jusqu’à sa mort avant qu’elle soit remplacée sous Trump par une personnalité conservatrice.

Proximité mais également financement par des fondations privées – les universités sont privées la plupart du temps et quand elle ne le sont pas elles sont financées par des fonds privés et non par l’E, ce qui permet aux chercheurs d’être indépendants. En France ce serait plus délicat car la plupart sont fonctionnaires de l’E fr. En quelques décennies les EU se sont projetés d’un isolationnisme à une gouvernance mondiale avec la volonté d’intervenir et de contrer l’influence d’autres puissances dans le monde. L’avantage de ces financements privés est qu’ils permettent une évolution plus rapide des recherches pour être au plus près de ce qu’il se passe au jour le jour. Les EU, contrairement à la France, n’ont pas de tradition diplomatique et n’avaient pas d’appareils puissants – raison pour laquelle ils se sont tournés vers l’université – alors qu’en France l’E a le monopole. Également joue le libéralisme, dans le sens de liberté intellectuelle.

En URSS : Gorbatchev, instituts avec lesquels le gouvernement avait des relations assez proches ; cette recherche influence encore aujourd’hui la ligne directrice Russe.

La Chine également, l’équivalent du ministère de affaires étrangères, essaye d’exploiter le soft power mais il n’y a pas vraiment de pensée des relations internationales.

Les écoles européennes, quant à elles, les courants sont très divers mais se distinguent par rapport aux écoles EU. Par exemple on va trouver des courants qui vont suggérer une politique opposée ou un usage différent de la puissance américain, par exemple l’institut de recherche sur la paix de Stockholm qui a beaucoup produit d’analyses sur les relations internationales et aujourd’hui tournée vers le développement et l’environnement, à l’opposé de la politique américaine ; financé par le gouvernement suédois, a milité pour le désarmement nucléaire. D’autres courants sont plus proches de la politique européenne, comme l’institut d’études stratégiques.

Tradition en France : école française qui se démarque par sa puissance juridique mais il n’y a pas de recherche sur les relations internationales, sauf à Science Po mais un peu. Ce déficit existe depuis les années 60, du fait de l’existence de cette recherche ailleurs. Cela vient de la tradition diplomatique, deuxième courant des relations internationales : les diplomates fr, souvent connus et raillés pour leur égo démesuré considéraient qu’ils se suffisaient à eux-même. A partir des années 60 on a réalisé ce déficit. Il y également quelques école alternatives mais qui viennent des EU, cf tiers-mondisme. En France le tiers-mondisme a exercé une influence intellectuelle jusqu’à la chute de l’URSS, mais après plus tellement grand-chose. L’apogée était l’école de la décolonisation qui exigeait qu’on examine les règles des droit international à la lumière de la nécessité de garantir la souveraineté sur les ressources naturelles.

- les approches plus doctrinales :

> approches plus réalistes : on distingue 3 écoles du réalisme en relations internationales :

> le réalisme « initial », « classique » ou « originel ». A ne pas confondre avec realpolitik (cf Kissinger). C’est une manière d’étudier les relations internationales, qui a un point en commun avec la realpolitik : la poursuite par l’E d’une politique de puissance, qui est à la fois un fait et une conduite souhaitable. C’est donc une démarche qui non seulement décrie ce qui est mais qui dit également ce qui doit être (tout E doit poursuivre une politique de puissance). Cette école se définit par opposition à ce qu’elle décrit comme une illusion idéaliste d’un système international. Il n’y pas, pour eux, de système international mais que la poursuite de leur puissance respective par les E. On retrouver les origines du réalisme au Prince mais aussi à Thucydide en tant que précurseur, dans sa description de la guerre du Péloponnèse.

Cf Aaron « Paix et guerre » : sur l’inefficacité du droit international, mais la pratique lui donne tors. Par définition le réalisme analyse les situations singulières, d’où la conséquence que la politique étrangère d’un E échappe à toute considération de morale et même de droit, dimension cynique.

- le néo-réalisme

- la géopolitique qui relève des écoles réalistes.

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