• Sylvie

Histoire de la République - 8

Chapitre 8 - La République en Angleterre

Cours de Ken

Au cours de sa longue histoire l’Angleterre a fait l’expérience du régime républicain, de courte durée entre, 1649 et 1660. Il n’est pas vraiment certain que l’on puisse qualifier de République le protectorat d’Oliver Cromwell, car aux yeux des contemporains sa République ressemble beaucoup plus à une dictature militaire.

L’importance de ce moment républicain est sans commune mesure avec sa brièveté. De plus, l’importance de la République anglaise est proportionnellement inversée à sa durée puisqu’elle est courte, mais profondément intense. Elle a eu de très nombreuses retombées historiques et idéologiques.

Dans l’œuvre de Shakespeare, la République en Angleterre est ce qui tient de larespublica. À l’époque de Shakespeare on entend par respublica le bien commun ou « commonwealth », et la fin du politique et n’exclue pas la monarchie. La respublica peut tout à fait exister en monarchie, on peut même dire que c’est son régime naturel.

Ainsi, lorsque l’on pense à la « République » il ne s’agit pas de la forme de gouvernement anti-monarchique que l’on peut penser spontanément de nos jours lorsque, justement, nous même-français on pense à l’idée républicaine. En effet, on peut bien avoir affaire à un mode de gouvernement républicain dans le cadre d’un régime monarchique, mais on peut aussi entendre par République un mode de gouvernement républicain dans le cadre d’un régime lui-même républicain, c'est à dire dans lequel le premier magistrat de la République n’est plus un roi ou une reine. La République peut être un idéal à atteindre dans une royauté comme une République peut s’organiser sur le fonctionnement d’une monarchie.

Ainsi, l’idée Républicaine n’est pas un anti-monarchisme et l’idée républicaine n’est pas non plus la démocratie, tout comme l’idée républicaine n’est pas une société civile.

I. Le Commonwealth de Grande Bretagne


Samedi 14 juin 1645, le roi Charles Ier d’Angleterre rencontre l’armée parlementaire commandée par Oliver Cromwell à Naseby, qui se situe dans le Northhamptonshire. La bataille qui s’annonce va sceller une querelle qui oppose le roi a son Parlement depuis 1642. La tension entre le roi et le Parlement est telle que les parlementaires ne sont plus hostiles à l’idée d’éteindre la royauté de manière à ce que le Parlement exerce la totalité du pouvoir en qualité d’institution représentative des États du royaume d’Angleterre. Après un rude combat les armées du roi son battues, la victoire est aux parlementaires et dans sa fuite le roi Charles Ier laisse à ses ennemis les preuves qu’il avait pour projet de restaurer le catholicisme comme religion d’état.

Pour rappel, le roi Henri 8 dit « Barbe bleu » avait rompu avec Rome en 1534 afin de fonder une église anglaise soumise au roi et de confession protestante, l’« anglicanisme », religion qui existe toujours aujourd’hui.

Charles Ier qui a fui est parti se réfugier en Écosse. Les écossais le livrent au Parlement anglais en 1647. Olivier Cromwell, l’homme fort du temps, s’oppose à ce que Charles revienne sur le trône. Pire, Cromwell demande à ce que Charles soit jugé pour haute trahison et demande plus précisément que le roi soit jugé pour haute trahison. En effet, c’est bien le roi et non pas la personne qui l’incarne qui est juger. Et la décision du 27 janvier 1649 est de condamner à mort Charles Ier ; il fut décapité le 30 janvier 1649. La décision de décapitation de Charles Ier a été suivi par l’abolition de la royauté : on tue le roi puis on abolit la royauté.

C’est-à-dire que pour Oliver Cromwell et tous les autres qui ont voté, sa décapitation doit être comprise comme un sacrilège. Le Parlement assume d’avoir porter la main contre la personne du roi. Charles Ier devait périr avec la couronne sur la tête. En France on a fait l’inverse : on a aboli la royauté puis tuer un homme (Louis XVI).

Le 19 mai 1649, après la décapitation du roi, le Parlement déclare et promulgue par sa propre autorité, vu qu’il est tout seul, « le peuple d'Angleterre, tous les domaines et territoires lui appartenant, est et doit être, et est par la présente constitué, fait, établi et confirmé comme une République/ Commonwealth et un Etat libre, et doit être désormais gouverné comme une République/ Commonwealth et un Etat libre par l'autorité suprême de cette nation, les représentants du peuple au Parlement, et par tel qu'il doit nommer et instituer comme officiers et ministres sous eux pour le bien du peuple et sans aucun roi ni Chambre des lords. »

A. Le Commonwealth du Rump

Le Parlement qui vient d’enfanter le Commonwealth doit maintenant veiller sur la nouvelle forme de gouvernement qu’il vient de donner à l’Angleterre. Ce n’est pas une petite mission, car la population anglaise admet assez mal ce changement et notamment la cité de Londres qui hésite très franchement à reconnaître l’existence de cette nouvelle République (le Commonwealth).

Le maire de Londres refuse de proclamer officiellement la République et rétorque au parlement qui le menace d’avoir des scrupules de confiance. Pourquoi ? le maire de Londres a prêté serment a la couronne. Mais à partir du moment ou il n’y a plus de couronne il ne peut plus servir la République sans se parjurer, sans rogner sa parole antérieure.

Le Parlement décide de remplacer le maire de Londres par une personnalité complaisante qui a voté la mort du roi. En effet, à peine proclamée, la République anglaise a déjà vocation à conquérir le monde. Les premières proies de cette nouvelle République seront sans délai une déclaration de conquête et d’annexion contre l’Irlande et l’Écosse, et cela se fera par le feu et le sang.

Les républicains anglais se donnent pour mission de réaliser ce que la royauté n’a pas fait, c'est-à-dire unir les îles britanniques à l’Angleterre. En effet, la politique royale essaye d’unir les îles britanniques par la religion mais cela était beaucoup trop long et pas assez efficace.

Oliver Cromwell sera celui qui est chargé d’annexer l’Irlande et l’Écosse, et qui sera l’instrument de l’unification des îles britanniques. Les massacres de Cromwell restent tristement célèbre, cf « malédiction de Cromwell », c’est un traumatisme car Oliver Cromwell sans discernement applique systématiquement la loi martiale (peine de mort), autant contre les résistants mais aussi contre les femmes qu’il juge responsables de pousser leur maris à se révolter. En privé des correspondances de Cromwell indiquent qu’il voulait faire table rase du passé de l’Irlande de manière à ce que l’Angleterre puisse écrire une nouvelle histoire anglaise.

Voyant ce qui se passe en Irlande l’Écosse présente la décapitation de Charles Ier comme injuste et la transformation du royaume en Commonwealth. Les écossais ont compris que leur indépendance face à l’Angleterre dépend de l’existence de la royauté, qu’il se condamnaient à être absorbés par les Anglais et à devenir, dans cette nouvelle République, qu’une région du Commonwealth sans souveraineté et sans indépendance.

Comme acte de révolte l’Écosse, le 5 février 1649, proclame roi le fils ainé de Charles Ier. En apprenant la nouvelle du couronnement, le Conseil d’État dirigeant le Commonwealth prépare l’invasion de l’Écosse. Le Conseil d’État du Commonwealth rappelle Olivier Cromwell et le charge de l’expédition en le nommant dirigeant. En octobre 1650 l’Écosse capitule. Et par la remontrance de l’Ouest les E écossais demandent officiellement aux anglais de partir en contrepartie du renoncement à intervenir dans les affaires du Commonwealth.

La défaite des écossais fut célébrée à Londres. La victoire des armées anglaises sur les irlandais, sur le roi puis sur l’Écosse, est interprétée comme des victoires soutenues par le Christ dans leur combat contre l’intégrisme. La République anglaise devient l’accomplissement de la promesse divine. Pourquoi ? Parce que dans la mesure où, sans roi, c’est Jésus Christ qui remplace le roi, il doit être entouré de ses « saints qui sont les députés du Commonwealth. Ainsi, sans lieutenant de dieu sur terre le Christ intervient directement.

Dans ce contexte prophétique, donner au nouveau régime, pour eux, signifie que Dieu est avec les Anglais et non avec les Écossais. C’est pour cela que le 1er janvier 1651 Charles II est couronné roi a Scone en plein centre de l’Écosse après avoir fait pénitence et garanti qu’il veillerait au presbytérianisme. Chez les protestants les rois ne sont pas sacrés mais couronnés.

Cependant, la remontrance de l’Ouest, acceptée par les Anglais, laisse la grande Bretagne divisée,puisqu’il y a d’un côté l’Angleterre et de l’autre l’Irlande et l’Écosse qui sont théoriquement unies par le couronnement de Charles II. Sans les écossais et les irlandais le Commonwealth peut devenir le piédestal d’Olivier Cromwell. Rien ne vaut un homme providentiel pour réconcilier des peuples désunis. La guerre éclate de nouveau et se termine au bénéfice de Cromwell.

La défaite de Charles II est si terrible qu’il est obligé de fuir les îles britanniques où sa tête est mise à prix, il trouvera exile en France. Lorsque Oliver Cromwell retrouve son siège à la chambre après la guerre, le Parlement lui offre les félicitations de la patrie, l’usage du palais de Hampton court et plusieurs milliers de centaines de livres. Le Parlement anglais lui manifeste en sa faveur des remerciements. Le Parlement veut dire à Olivier Cromwell que l’armée doit rentrer chez elle.

Problème : Olivier Cromwell appartient à l’armée et au Parlement, il a une double casquette. Lorsqu’on lui dit que l’armée rentre chez elle, cela revient à l’obliger de s’asseoir sur l’un de ses piliers.

Du point de vue du Parlement la situation est assez précaire, car Olivier Cromwell occupe une place d’arbitre alors même que ce Parlement siège sans interruption depuis 1640 en vertu d’un état d’exception. Ainsi, en 1651 le Rump (surnom du Parlement) a une légitimité très relative. Le Parlement vote le 18 novembre 1651 la promesse qu’il cessera de siéger le 3 novembre 1654. Entre le Parlement et l’armée, une guerre d’usure est engagée et nul ne sait qui des deux va gagner.

Quelques jours avant Noël 1651 Cromwell convoque une réunion de concertation entre le modérateur de la chambre, un ou deux parlementaires et quelque officier de l’armée. Et le Lords général entre alors dans le vive du sujet « maintenant que l’ancien roi et mort et que son fils est défait, je crois nécessaire d’en venir a fonder un gouvernement stable pour la nation. J’ai demandé cette réunion pour que nous considérions ensemble se qui convient de faire et ce qu’il faudra proposer au parlement » ce qui sort de cette réunion est que le Commonwealth empruntera aux pratiques monarchiques.

C’est le moment que choisis opportunément Thomas Hobbes pour publier en Angleterre son fameux « Léviathan » cet ouvrage a conduit d’un côté les républicains à reprocher à Thomas Hobbes d’être royaliste tandis que les royalistes voient en Hobbes un républicain. Pour Hobbes : si la souveraineté est indivisible, elle peut néanmoins être exercée soit par un seul homme, soit une aristocratie, soit une démocratie. Il explique aussi que l’état est chargé de mettre fin aux guerres civiles qui affaiblissent les peuples, car tous les sujets sont égaux devant lui.

Ainsi, en 1651 une chose est sur tout le monde y compris dans la pensée politique anglaise qui inspire à un pouvoir politique fort c'est à dire seul capable de mettre un terme au désordre civil de l’Angleterre. Olivier Cromwell semble par ses succès le mieux placer pour l’exercer.

B. Le protectorat d’Olivier Cromwell

Lorsque le Commonwealth a besoin de donner des institutions stables et reconnues, certains députés proposent un renouvellement modéré du Parlement en concevant les membres déjà présents pour leur adjoindre de nouveau collègue. D’autres députés autour d’Olivier Cromwell souhaitent à l’inverse une assemblée totalement renouvelée. Une question ressort : faut-il compléter le Rump ? Ou faut-il tout simplement refonder la vie publique par des élections générales ?

Face aux discussions qui s’éternisent, Olivier Cromwell est de plus en plus convaincu qu’il faut trancher, le changement tarde trop. C’est pourquoi le 19 avril 1663, à la suite d’une réunion secrète, Olivier Cromwell soutenu par plusieurs députés donne l’idée de créer un conseil des sages pour préparer des élections et un retour à la normale.

Le Parlement, qui se sent de plus en plus pressé et menacé par Cromwell, met à discussion un projet qui tend a instituer un parlement, renouvelable par moitié tous les deux ans, qui assumerait à la fois les fonctions exécutives en même temps que les fonctions législatives. Il serait également composé de 400 membres élus au suffrage censitaire et par les habitants des villes payant un loyer minimum.

Les députés, le Parlement s’octroi également le droit de siéger sur le ‘’recrutement parlementaire’’, c’est-à-dire qu’avec la commission de recrutement parlementaire se donne les moyens de tenir un noyau de députés fidèles, ce qui permet d’éloigner tout candidat élu mais non désiré. Les partisans de Cromwell n’auront pas de mal à critiquer le projet.

Le jour où les députés mettent à l’ordre du jour la votation de ce projet, Olivier Cromwell fait entrer les mousquetaires, c'est-à-dire l’armée, dans le Parlement. Il ordonne aux députés de se disperser, c’est un coup d’État qui réussit.

En effet, Olivier Cromwell à qui tout semble réussir se met maintenant a croire que la providence (dieu) est attachée à sa personne et non à la Commonwealth comme on aurait pu le penser. À partir de ce moment-là, les discours de Cromwell prend un ton de messie il se présente comme l’héritier de moise, de l’apôtre Paul etc bref ça lui monte à la tête.

L’armée justifie son intervention au Parlement en affirmant qu’elle défendait la cause républicaine que le bon peuple anglais avait à cœur. Évidemment, il n’en est pas question. Cromwell avait tout à perdre des élections qui auraient pu confirmer le coup d’État.

Le 12 juillet 1653 Olivier Cromwell réuni une assemblée nommée par le Conseil des officiers, donc par l’armée, et qui est approuvé par le Conseil l’état. Il finit par la nommer ‘’Parliament of the Commonwealth’’. Cromwell n’est pas bête et a conscience du caractère illégal de ce qu’il fait, et pour cela il invoque le principe révolutionnaire et la nécessité de la volonté de Dieu. Cela va avoir des conséquences immédiates, les 140 députés du « Parliament of the Commonwealth » devait réaliser l’utopie millénarisme, c'est-à-dire qu’Olivier Cromwell donne à ses députés un programme que seul de saints hommes peuvent réaliser. C’est à partir de ce moment-là que le Commonwealth (la République) commence à qualifier son peuple les anglais comme une nation sainte et surnomme le ‘Parliament of the Commonwealth’’ comme le parlement des saints : en le qualifiant ainsi c’est dieu lui-même qui parle par la bouche des députés.

Chez les protestants, se dire ou se prétendre saints c’est revendiquer une légitimité fonder sur la grâce et non pas, comme chez les catholiques, sur le sang ou sur le mérite. Par la théologie, le Commonwealth tire l’argument de ne pas se soumettre a l’élection, car c’est dieu qui prononce.

Olivier Cromwell a conscience de la fragilité de son régime et que son pouvoir manque de consistance. Une question l’obsède : combien de temps les anglais pourraient encore vivre sans roi. Pour donner au anglais ce qu’il considère comme inévitable il pousse le 12 décembre 1653 le ‘Parliament of the Commonwealth’’ à prononcer sa propre dissolution et à voter « l’instrument de gouvernement » par lequel il obtient tout simplement des pouvoirs incommensurables : à partir de ce moment-làOlivier Cromwell prend le tire officiel du « Lords Protector du Commonwealh »

Cette fonction de Lords Protector est élective, elle n’est pas héréditaire, mais Olivier Cromwell est nommé à vie. Le Lord Protector est assisté d’un conseil permanent de 21 membres dont les 15 premiers sont nommés par l’instrument du gouvernement et les 6 autres librement par Cromwell.

Le bicamérisme caractérisant la monarchie anglaise se transforme en monocamérisme. De la même manière, le nouveau Parlement composé d’une seule chambre ne sera plus élu au suffrage universel masculin comme sous l’ancienne monarchie, car on met en place un système censitaire qui exclut nommément les catholiques du droit de vote.

Enfin, l’instrument de gouvernement prévoit que le parlement doit être réuni au moins une fois en trois ans et encore, le Lords Protector dispose d’un droit de veto suspensif de 20 jours.

L’Angleterre grâce à « l’instrument de gouvernement » a pour la première fois de son histoire connaît une Constitution écrite qui est la pour établir un gouvernement personnel pour un homme en particulier. Cromwell engage son gouvernement a défendre la juste orthodoxie religieuse.

Olivier Cromwell tire sa légitimité des circonstances exceptionnelles. Qu’est-ce qui garantit que la République est un moment d’exception dans un régime monarchique ?

Le problème du régime du protectorat est la pérennité. Pour éloigner la menace, Olivier Cromwell prend la décision simple et nette, le 22 janvier 1655, de dissoudre le Parlement. Pour justifier la dissolution il est reproché au Parlement le fait que les députés n’avaient pas réussir a construire une église d’état avec ses doctrines et ses mœurs. Le lendemain de la dissolution du parlement, il ne reste que le Lords Protector et l’armée. Ainsi l’armée est un E dans l’E et avec toute les doctrines deviennent une église dans l’église.

De l’été 1655 jusqu’en 1657 l’Angleterre est placée sous le régime de la loi martiale ou du moins sous un régime militaire. Le territoire est découpé en zone et chaque zone est confiée sous la gouvernance d’un militaire. C’est la première et sans doute la dernière fois que l’Angleterre a vécu l’expérience d’une dictature militaire.

Face a la menace, en juillet 1656, Cromwell pour calmer la situation provoque une nouvelle assemblée, les militaires font tout leur possible pour s’assurer que seuls les candidats qui soutiennent Cromwell soient élus. Et si ce sont de mauvais candidats qui sont élus, l’armée se réserve le droit de les virer. En gros, soit le candidat soutient Cromwell soit on le vire. Le nouveau Parlement est majoritairement composé d’élu qui vienne de l’armé (1 tiers de l’assemblé). Olivier Cromwell explique aux Anglais que les royalistes devaient être écartés, mais ça ne prend plus les Anglais se posent la question : quand la paix reviendra vraiment ?

Les Anglais commencent à avoir peur qu’un jour on finisse par les considérer comme des suspects, comme des royalistes. Les Anglais critiquent. Le régime vacille.

Comme une perspective d’une restauration royale se renforce : le Parlement propose la couronne à Cromwell. Le rétablissement de la couronne au profit de Cromwell aurait pu régler un problème de succession. Mais Olivier Cromwell refuse la couronne.

Le parlement décide de remplacer « l’instrument du gouvernement » le 25 mai 1657 par une autre la « Humble Pettition and advice ». La « Humble Pettition and advice » est la nouvelle Constitution où il y aura de nouveau un Parlement bicaméral mais ne peuvent ni élire ni être élus ceux qui on assisté, conseillé ou était des complices de la rébellion de l’Irlande, c’est-à-dire les catholiques et tous ceux qui ont pris part à un complot contre Son Altesse Olivier Cromwell ou encore tous ceux qui entretiennet des opinions athées, blasphématoires ou attentatoire à l’honneur de dieu.

Il s’agit-là d’imposer pour Olivier Cromwell « La véritable religion chrétienne protestante telle qu’elle est contenue dans les saintes Écritures de l’ancien et du Nouveau Testament » une confession de foi doit s’en suivre après l’élection des députés.

Le 26 juin 1657 une cérémonie d’investiture à Westminster Hall se tient, Olivier Cromwell qui n’est pas un roi s’assoit quand même sur le trône. Olivier Cromwell, alors assis sur le trône, tient le sceptre et l’épée. Il n’a juste pas la couronne et l’orbe. Avec cette cérémonie d’investiture on n’est plus vraiment en République au sens fort, mais on n’est pas non plus en royauté. Le régime a vraiment un caractère protestant qui est rappelé dans le serment du Lord Protector et, au moment du serment, prononcé par les membres du conseil et des parlementaires.

Maintenant le Lord Protector a le pouvoir de désigner son successeur. Le successeur de Olivier Cromwell sera Richard Cromwell qui est son fils. Le 3 septembre 1658 Olivier Cromwell meurt.

I. L’héritage du Commonwealth de Grande Bretagne


Richard Cromwell est désigné par son père comme le successeur. Seulement Richard est partagé. Il est Lord Protecteur par défaut. Richard Cromwell entend appliquer la Constitution. Si c’est de bonne intention d’appliquer la Constitution, le protectorat du Commonwealth exige plus de lui, qui en a la charge que d’appliquer la Constitution. D’autant que Richard Cromwell avoue bien volontiers à qui veut l’entendre qu’il y a des personnes mieux qualifiées que lui pour gouverner, mais il accepte sa charge, car « dieu fait ce dont il lui plaît ». Ainsi pour pérenniser son protectorat Richard Cromwell décide de créer un nouveau Parlement : il s’agit de renforcer la légitimité du gouvernement, de lever des fonds et de soigner et guérir les plaies de la guerre civile. Autrement dit, une réactivation de la vie politique qui aura pour effet de remplacer les complices du régime en rivaux. Les débats portent sur l’ouverture de l’assemblée aux irlandais et écossais et sur l’existence même de la deuxième chambre que les républicains à juste titre regardent comme une réhabilitation de l’ancienne chambre des lords. L’opposition de Richard rêve de revenir au temps du « Commonwealth du Rump », c'est-à-dire au moment où le Parlement a plus de pouvoir que le Lord.

En février 1659 on débat dans la chambre des communes si « on peut reconnaître et admettre que son altesse Richard était bien le Lord Protector et le premier magistrat de la République d’Angleterre d’Écosse et d’Irlande et des seigneuries des territoires qui en dépendent ». Des réticences apparaissent au niveau des votes, alors en réaction Richard Cromwell décide de dissoudre le Parlement et de dissoudre le très puissant Conseil des officiers, et ordonne à tous les officiers de quitter la capitale.

Autrement dit, Richard Cromwell se met dans une position périlleuse puisqu’il positionne le protectorat comme étant à la fois l’aboutissement de la République, mais en même temps il le nie.

Richard Cromwell se met à dos le Parlement et l’armée et de ce fait il s’isole tout seul politiquement jusqu’au jour du 25 mai 1659 l’armé le pousse à [à compléter], et là c’en est fini du protectorat.

Pour s’opposer à quelque officier, le Parlement décide de finir la révolution en rappelant en 1660 Charles II sur le trône. Donc on met 40 ans pour comprendre que la royauté présente plus de garantie que la République. La République anglaise n’a pas survécu à Cromwell.

A. L’héritage en Angleterre

Un constat dans le sillage de la glorieuse révolution que le Oxford English Dictonnary recense en 1689 pour la première fois l’adjectif « Républican » :

  • Le mot de République prend un sens moderne en Angleterre qu’en 1689, c'est-à-dire qu’il désigne une alliance monarcho-parlementaire qui repose elle-même sur la notion d’endiguement de l’exécutif monarchique : le arlement est là pour limiter les pouvoirs du roi.

Dans cette idée-là, le mot République n’est pas naturellement utilisé pour qualifier le régime de Cromwell, car la République de Cromwell n’arrive pas à inventer le peuple ou en tout cas elle n’en a pas la prétention.

  • Le régime républicain de Cromwell se désigne comme « Commonwealth » et plus rarement de « République »

Le philosophe Hume, lors de son étude, hésite à parler de République pour nommer le Commonwealth, car il est question d’étudier l’instauration de la République « Settement of the Républic » dans « the Commonwealth ». De la même façon on ne trouve pas dans l’ouvrage de Hume d’entrée le mot République, il faut aller à la rubrique « Commonwealth of England » et c’est là que le mot République est construit comme synonyme de « Commonwealth »

La République est à ce moment-là conçue comme le régime né de la dissolution du pouvoir civil et ecclésiastique et qui se caractérise selon Hume par la prolifération confuse des sociétés. Hume nous dit « Chacun avait formé le modèle d'une république ; et, si nouveau qu'il fût, ou fantastique, chacun avait à cœur de le recommander à ses concitoyens, ou de le leur imposer par la force ».Par République on n’entend pas un régime mais une absence de régime.

Dans ses essais Hume confère au mot de République la fonction de rendre compte du génie de la République même s’il reste avec une connotation négative ; cest ainsi que Hume pose une équivalence entre régime purement populaire et régime républicain. Régime républicain qu’il nomme « British gouvernement »

Pour analyser les vices de ce régime républicain : la corruption de l’administration (actualité), arbitraire du pouvoir, la bellicosité à l’extérieur, la division à l’intérieur, en factions prêtesà verser dans la guerre civile pour s’imposer, l’absence de garantie pour la population. Hume donne a ses vices une autre vision « Ce qui a manqué au gouvernement de l’antiquité c’est un principe d’équilibre, une monarchie qui tempère, tous ensemble la sévérité de l’aristocratie et la turbulence de l’aristocratie » : donc il considère que le gouvernement manque au principe de l’équilibre.

Pour Hume, la « vraie République » serait celle où règne la liberté et l’E de droit dans une Constitution mixte fondé sur la monarchie et le gouvernement représentatif : donc la monarchie constitutionnelle est le régime qui s’approche le plus de l’idéal de la République, car la monarchie constitutionnelle institue un gouvernement des lois et non des hommes sans toutefois en présenter les défauts. La République devient l’idéal vers lequel doit tendre toute monarchie moderne puisque les monarchies modernes se fondent sur un équilibre constitutionnel.

À partir de 1689 c’est dorénavant l’alliance monarcho-parlementaire qui, pour sa survie, politique crée la nation britannique, alors qu’en 1649 c’est la disparition de la monarchie qui a imposé la recherche d’une nation anglaise et qui n’avait pas était trouvé faute d’une unité religieuse.

À partir de 1686 l’idée d’une action préexistante qui s’incarne dans le Parlement et qui donc justifie par cette représentation parlementaire un droit de résistance face au roi. A partir de ce moment-là, le parlement est souverain et non la nation anglaise. C’était la conséquence de l’héritage du Commonwealth en Angleterre.

B. L’héritage en France


Le marquis Argenson écrit dès 1756 « Il nous souffle d'Angleterre un vent philosophique de gouvernement libre. On entend murmurer ces mots de liberté de républicanisme, déjà les esprits en son pénétré et l’on sait à quel point l’opinion gouverne le monde ». Mirabeau fin des années 1780 coordonne la traduction « Areopagitica » comme d’un certain nombre d’œuvres notamment celle de Milton à l’intention du public français. On doit aussi à Mirabeau la traduction de « History of Englend » de Catharine Macaulay qui est l’historienne du 18e siècle.

A côté de Mirabeau se tient un autre grand nom : l’Abbé Sieyès. L’Abbé Sieyès, grand lecteur des ouvrages anglais, va trouver son inspiration constitutionnelle dans les travaux de Harrington et notamment dans ‘’The Commonwealth of Oceana ». Le club des cordeliers à Paris va recourir le plus systématiquement aux institutions anglaises. Au début des années 1790 le club des Cordeliers avait pour nom officiel « Société des amis des droits de l’homme et du citoyen » ; il s’inquiète de voir que les principes de la DDHC ne sont pas appliqués comme il le faut.

Le club des Cordeliers se consacre à la protection et à la défense des droits et des libertés des citoyens ainsi qu’a faire campagne en faveur de ceux dont les droits on était bafoué, se sont les soldats de la DDHC. Les conclusions du club des Cordeliers vont beaucoup plus loin : les droits de l’homme et des libertés des citoyens français ne peuvent être garantis que par un gouvernement républicain (en 1790 on est encore en royauté).

Comme l’explique Robert à la fin des années 1790 « Toute autre institution que le républicanisme est un crime de lèse-nation [...] et que les apôtres de la royauté sont ou des traîtres ou des hommes imbécilement égarés, que la société doit regarder comme ses ennemis. On dit dans ce moment que la France est libre : quoi la France est libre! et c’est une monarchie? Il ne faut pas nous abuser; si la France est libre, elle n’est pas une monarchie; et si elle est une monarchie, elle n’est pas libre.»

Pour les cordeliers il ne doit pas y avoir de gouvernement représentatif alors que c’est la faveur de beaucoup de révolutionnaires. Les cordeliers proposent le « principe de la rotation des postes ». On le comprend : les républicains français prennent aussi des anglais l’action selon laquelle les pouvoirs politiques découlent directement de la propriété foncière. Il faut dissocier le débat de la décision.

En 1792 un projet de Constitution est proposé par le club des cordeliers, par lequel ils proposent à la convention nationale de répartir les citoyens de la nation en différents ordres selon leur lieu d’habitation, leur âge et leur richesse. Cette répartition permet aux cordeliers de se soumettre à l’approbation par le conseil au citoyen réuni au citoyen de premier niveau (cf citoyen actif et passif). Les cordeliers reconnaissent également le droit de saisir le Conseil législatif national de problèmes et de propositions de loi qu’il souhaite voir débattu et ainsi à prendre part à la […] des magistrats.

Dans l’esprit des cordeliers, en augmentant le nombre de personnes qui participent directement au processus politique et le nombre de tachent auquel elles peuvent prendre part […], mais leur idée s’applique sur le modèle anglais.

Leçon du cours : Le club des cordeliers ne dure pas au-delà de 1794 puisqu’il sera fermé dès mai […]. Par contre son influence a marqué la Révolution française. Et la révolution anglaise a nourri la révolution française.

L’Angleterre en coupant la tête de son roi en premier a jeté le fondement du républicanisme moderne en laissant comprendre aux personnes que le républicanisme était anti monarchique. Pourtant, c’était oublier que l’Angleterre a rétabli la monarchie très vite après le Commonwealth.

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