• Sylvie

Histoire de la République - 10

Chapitre 10 – La République du Mexique

Augustine abdique et s’exile au Mexique. C’est ainsi que la république est installée au Mexique. Les conservateurs et les libéraux républicains se sont mis d’accord contre l’Empire ; ils vont désormais rester unis contre une autre menace, l’Espagne.

En 1824 chacun est prêt à faire des concessions afin de résister au projet de l’Espagne qui veut reconquérir son ancienne colonie. Unis contre un ennemi commun donc, mais quand la menace espagnole disparaît ils vont briser leur alliance et plonger le Mexique dans une période d’anarchie politique et constitutionnelle.

En effet la lutte entre conservateurs et libéraux et aussi une lutte pour l’organisation de l'E. Les conservateurs veulent un système centralisé, les libéraux veulent les veulent le fédéralisme

I. L’instabilité républicaine

Le 4 octobre 1824 le Congrès de l’Empire mexicain, transformé en Congrès général constitutif, proclame la nouvelle Constitution du Mexique. Celle-ci établit une République démocratique néanmoins avec l’intolérance religieuse, maintient les privilèges aristocratiques et le régime de la propriété corporative qui permet à l’église de garantir ses substances financières, ses biens. Autrement dit cette première république est une sorte de compromis qui s’insire fortement de la Constitution des EU. La plus belle forme de cette importation est son fédéralisme.

A. La république fédérale de 1824

Elle est marquée par la polarisation des camps entre nation et régions. Les conservateurs veulent que la nation mexicaine soit définie comme une et indivisible, comme l’avait proposé l’empire mexicain d’Augustine. Les libéraux à l’inverse considèrent que la nation mexicaine est un rassemblement volontaire d’éléments nombreux et variés.

Comme les libéraux détiennent le pouvoir ce sera leur vision qui sera retenue. Donc la république instaure une fédération mais cela provoque des pb institutionnels : en effet la fidélité régionale et la défense des E fédérés avaient bloqué le développement d’une cohésion, d’une conscience national. Le gouvernement va avoir beaucoup de mal à s’implanter dans les localités à tel point qu’il va avoir du mal à percevoir les contributions fiscales, obligatoires, des E fédérés.

En effet les régions ont peur que le pouvoir de Mexico devienne trop fort et vont chercher par tous les moyens à le maintenir à distance. Conséquence : le gouvernement libéral est critiqué par les conservateurs mais surtout : le trésor public est vide. Que fait le Mexique ? Il limite ses dépenses et supprime sa maritime militaire. Qui va s’en réjouir ? L’Espagne.

En 1829 l’Espagne envoie un corps expéditionnaire à Tampico, 8 ans après l’indépendance, la situation est grave, et pas d’armée pour se battre. Les conservateurs mexicains espèrent que cette situation catastrophique va convaincre les électeurs à les porter à la présidence de la république mais ils sont battus aux élections. Le lendemain de la proclamation des résultats ils organisent un coup d’E militaire pour inverser les résultats. C’est l’ancien général de l’armée impériale qui devient, par un coup d’E militaire, président de la République et le Congrès va ratifier ce coup de force au détriment du candidat élu.

Ainsi Vivente Geuero (??) devient président. Il repousse les espagnols mais la boite de pandore est ouverte : il est lui-même victime d’un coup d’E militaire en décembre 1829. Cette fois ci c’est général Bustamente qui le remplace. Une fois au pouvoir il suspens la constitution fédérale et s’arroge les pleins pouvoirs. Bustamente se fait alors proclamer président à vie mais se fait aussi chasser du pouvoir par un autre coup d’E, cette fois-ci organisé par un libéral, la constitution est rétablie mais le mal a été fait.

La deuxième tentative d’installer un régime constitutionnel stable a échoué. Alors les conservateurs commencent à s’interroger sur l’opportunité et l’efficacité du système républicain puisque le système centralisé n’a pas été appliqué. Les conservateurs misent sur le soutien de l’église de l’armée, mais cela est optimiste : l’église ne s’est pas remise des espagnols et l’armée a sombré dans un assemblages de factions désunies dirigées par des chefs qui se détestent.

Ainsi la république de 1824 va sombrer dans une crise politique où le rétablissement de la légalité républicain et constitutionnelle est constamment annulée par des coups d’E militaires.

Ainsi la deuxième élection de Predaza va conduire l’année suivante en 1833 à un deuxième coup d’E, et cette fois c’est le général ??? qui va prendre le pouvoir.

Là quelque chose de nouveau : la république vient d’être violée par l’un de ses pères fondateurs. Santa Anna veut redresser les finances de son pays mais aussi reformer une armée national cohérente. Dans la lignée de Bustamente Satana va dissoudre le Congrès, suspendre la Constitution, se déclarer président à vie et prendre les pleins pouvoirs. Mais pas plus que les autres gouvernement sil ne parvient à rétablir les finances du Mexique.

Les dépenses atteignent 16 M de pesos/an alors que les recettes atteignent péniblement 12M. Évidement la situation financière empire et Santa Anna décide de remplacer les salaires des fonctionnaires par des dons. Il entreprend aussi de transférer les revenus de l’E à l’E et d’hypothéquer la part de l4e dans les mines d’argent en échange d’1 de pesos : bref on brade mais ces mesures mécontentent les mexicains au point que la populations s’insurge. Face à cela Santa Anna rétablit la Constitution mais va préparer une réforme constitutionnelle qui vise à centraliser le gouvernement fédéral. Mais cela ne sert à rien car l’armée se rebelle à son tour, et c’est le général Miguel Barragan qui chasse Santa Anna du pouvoir et rétablit la république de 1824. Mais Barragan est conscient que la stabilité constitutionnelle ne peut plus revenir au régime de 1824 mais est aussi convaincu que la dictature n’est pas la solution, puisqu’elle se termine par un échec.

Pour lui la seule organisation sérieuse du pouvoir qui peut être essayée est de centraliser le pouvoir dans une nouvelle Constitution et finalement reprend le projet de Santa Anna.

Ainsi le 23 octobre 1835 une nouvelle république, sur la base de cette loi, remplace la république fédérale de 1824.

B. La république unitaire de 1835

C’est le contre-pied de cette de 1824, considérant qu’elle vient d’une participation populaire excessive à la vie politique et une fiscalité nationale inadaptée, les conservateurs vont décider, dans leur nouvelle république, de restreindre la participation populaire et la représentation municipale pour centraliser le pouvoir. Grande réforme : tous les E fédérés sont devenus des départements sur le modèle français, des circonscriptions gouvernée par les préfets.

Cette réaction centraliste et unitaire va inquiéter les régions. Les immigrés américains, installés sur le territoire mexicains du Texas, décident de proclamer leur indépendance -ils sont plus nombreux, par leur immigration, que les mexicains. Cette révolution texane va déstabiliser le gouvernement de la nouvelle république qui doit vite réagir avant que la république des EU intervienne à son profit. Mexico envoie ses armées pour rétablir l’ordre et nomme Santa Anna comme meneur. Bataille de Fort Alamo : victoire des mexicains contre les texans, en mars 1836 mais quelques semaines plus tard Santa Anna se fait capturer, prisonnier des américains.

En échange de sa libération Santa Anna doit retirer ses armées du Texas mais surtout appuyer, à Mexico, la reconnaissance de la République du Texas, ce qu’il fait. Traité de Valasko, 1836, qui authentifie ces engagements. En réaction Mexico destitue Santa Anna et refuse de reconnaître l’invalidité des traités faits par Santa Anna avec les texans. Mexico leur rétorque que leur général n’avait pas le pouvoir d prendre ces traités, et pour les mexicains le Texas reste mexicain, tendis que les texans se considèrent autonomes.

Bustamente revient au pouvoir contre les révoltés, avec ses soldats marche sur Mexico dont nouveau coup d’E militaire. En 1837 le Mexique est de nouveau une dictature.

La perte du Texas et la mobilisation des armées a encore aggravé la situation financière du Mexique et ainsi les incidents diplomatiques vont venir plomber, en plus, les relations des mexicains avec tous les étrangers, qui vont devenir l’objet des vindictes des mexicains, ce qui enveniment les relations avec NY, Londres et Paris. Pour rassurer les français expatriés la France envoie de frégates sur les côtes mexicaines, ce qui échauffe encore plus les esprits. La situation est telle que même le vice-consul de Mexico est agressé mais surtout l’annonce par le gouvernement mexicain que le remboursement des dettes prendra du temps va conduire le roi Louis-Philippe à exiger de la marine française d’occuper la deuxième ville la plus importante du Mexique, ce qui interrompt le commerce maritime mexicain. Or, comme c’est dans le port de Vera Cruz qu’était organisé tous le commerce extérieur, le gouvernement ne peut plus percevoir les droits de douane, sa principale source de revenus. 2 milliards de francs seront perdus durant cette occupation pour le gouvernement mexicain.

Santa Anna, ex général de Vera Cruz, va lever sans l’autorisation du gouvernement de Mexico une armée privée pour combattre les français. Dans cette bataille il perd une jambe, ce qui lui permet de revenir en grâce et de se maintenir à l’armée après le départ des français. Auréole de la résistance et sa blessure, en 1839 il estime qu’il est temps de marcher sur Mexico à son tour. Bustamente résiste mais est défait et ainsi, en 1841, Santa Anna revient au pouvoir jusqu’en 1844. La première chose qu’il fait est organiser une marche à Mexico en mémoire de sa jambe.

Mexico est de nouveau sous le pouvoir de Santa Anna mais en 1844 il est renversé par l’insurrection de ses adversaires, et là ce sont les libéraux qui reprennent le pouvoir. Les humiliantes défaites contre le Texas et la France, et maintenant le tournevis centralisateur, va convaincre la région du Rio Grande, 1840 puis celle du Yucata en 1841, de faire sécession. Santa Anna va ramener ces zones dans le girons mexicain mais impossible d’arrêter l’annexion du Texas par les EU, en 1846.

En 1846 c’est le président Herreira qui est au pouvoir, et est conscient des limites du gouvernement mexicain. Il est disposé à négocier avec le président américain Walk, et lui propose de vendre des territoires mexicains car les caisses sont vides et les américains prêts à payer.

Heirrera est favorable mais le conservateurs ne veulent pas céder un bout de territoire, alors une guerre éclate entre le Mexique et les EU, qui tourne vite au désastre pour les mexicains. Santa Anna reprend du service, revient avec sa jambe de bois, essaye de résister mais ne parvient pas à empêcher les américains de rentrer à Mexico. C’est à ce moment que c’est désastreux, : un mouvement populaire va venir renverser le gouvernement centraliste et remettre la Constitution de 1824.

II. La division républicaine

La Constitution de 1824 reste sans effet : c’est une dictature militaire qui dirige de facto. Celle-ci va atténuer les effets de l’anarchie politique. Elle échoue à Santa Anna. Le 13 septembre 1847 Mexico est occupée par les armées américaines, Santa Anna va renoncer à son pouvoir mais le gouvernement qu’il remplace va négocier avec l’envahisseur américain. Le 2 février 1848 le gouvernement mexicain va signer le traité de Guadalupe Hidalgo dans lequel il cède 1M et demi de m² de territoires au nord du Rio Grande pour 18M de pesos, dont 3M seront prélevés par les américains pour indemniser les citoyens américains pour indemniser des préjudices. Deux semaines après la conclusion de ce traité les journaux américains annoncent la découverte de l’or en Californie, donc le Mexique aurait eu besoin.

La défaite militaire et la perte d’1/3 du territoire discrédite le gouvernement du Mexique, ce qui rend proportionnellement Santa Anna qui a résisté aux américains. Il revient au pouvoir en 1853.à la suite de l’intervention de ses partisans. Pour rester au pouvoir il se donner les pleins pouvoirs et la qualité d’Alter Sérénissime., après s’être fait déclarer président à vie. Il a cette fois le soutien de l’église et de l’armée, qu’il sait corrompre. Ce retour et ce désastre va apporter au Mexique sa première période de stabilité.

En 1853 les mexicains ont arrêté de compter le nombreux de gouvernement libéraux, conservateurs ou civils, dont certains ont même durée quelques heures (durée moyenne quelques mois). C’est le drame historique : le Mexique a été incapable de maintenir un régime stable car à chaque fois la violence éclatait. Paradoxalement ce qui a apporté la paix et le fait que Santa Anna était hostile au gouvernement républicain. Le titre d’Altesse Sérénissime qu’il se donne va manifester une dévalorisation du régime républicain au profit d’un retour d’intérêt pour la monarchie. Pendant près de 30 ans le Mexique cherche une stabilité.

A. L’alternative impériale

Les libéraux, malgré ces 30 ans, ne sont pas décidés à abandonner la république. Les conservateurs, quant à eux, estiment que la dictature ne leur a pas laissé assez d’espace politique. Ils vont ainsi comploter ensemble contre Santa Anna pour le renverser : les conservateurs et les libéraux complotent ensemble et en 1855 le signal est donné. Ce qui devait être une émeute fini en révolution, le dictateur Santa Anna est mis en déroute et son régime s’effondre. C’est la révolution d’Ayutla qui permet à la Constitution fédérale d’être rétablie – Santa Anna est chassé définitivement. Mais la position à tenir des rebelles quant à l’église va diviser les comploteurs. Que faire de l’église ? Le gouvernement libéral veut entreprendre des réformes qui vont déplaire au conservateurs. La libéraux vont prendre les armes, cette fois décidés : is refusent toute négociation ou transaction avec les conservateurs et la guerre civile commence.

Pendant la guerre civile, appelée guerre de la réforme, le gouvernement libéral et l’avocat Benito Juarez ne va pas tarder à faire usage de ses facultés d’exceptions : il assume le pouvoir législatif et dicte les lois connues sous le nom des lois de la réforme. Quelles sont-elles ? Elles suppriment les privilèges aristocratiques et la propriété des corporations, va établir l’égalité de tous les hommes devant la loi, impose le régime de la propriété privée et, mesure phare, instaure la séparation de l’église et de l’E qui entraîne progressivement le rétablissement du registre civil face au registre religieux, pour certifier les actes les plus importants de la vie (naissance, mariage et mort). Il reconnaît surtout la liberté de culte et le Congrès de l’union va élever ces lois de la réforme à la catégorie de normes constitutionnelles.

Pour ce qui est de l’organisation des pouvoirs, pour la partie organique, la réforme s’éloigne du modèle américain pour instituer un E fédéral monocamérial où seul le peuple est représenté ; de même la Constitution, maintenant, va limiter drastiquement les prérogatives du pouvoir exécutif.

Le président de la république est maintenant sous la surveillance et le contrôle de l’assemblée législative, aucune concession n’est faite aux conservateurs qui prennent en haine cette nouvelle république, qui devient l’objet de toutes leurs critiques d’autant qu’ils ne réussissent pas à reprendre le pouvoir par les armes. Décidés à renverser ce régime les conservateurs, expatriés à Paris pour la plupart, se rapprochent de Napoléon III pour rétablir la monarchie au Mexique sur le modèle du 2nd Empire.

Napoléon III voit que la république mexicaine et son instabilité privent le Mexique d’exploiter ses ressources pour se développer à cause de l’instabilité républicaine. Or, dans la course culturelle et économique de l’Angleterre face aux EU, le Mexique peut représenter un enjeu de pouvoir, faire barrage au monde anglo-saxon par un barrage latin. Napoléon III va se laisser séduire et intervient au Mexique lorsque Juarez décide de suspendre le remboursement des dettes de la République mexicaine.

En Janvier 1862 un corps expéditionnaire débarque ; 1863 Mexico est aux mains des français. Napoléon III qui voit dans le Mexique un allié et non une colonie propose aux mexicains d’offrir à Maximilien de Habsbourg, frère de François Joseph d’Autriche, la couronne impériale.

En avril 1864 les conservateurs élisent Maximilien empereur du Mexique et qui, dans un réflexe bonapartiste, conditionne sa couronne à l’acception du peuple mexicain (et pas seulement les conservateurs).

Les français, présent aux 2/3 à Mexico, vont alors organiser un plébiscite qui va se montrer favorable à la restauration impériale. Les populations indigènes étaient attentives car, depuis l’indépendance du Mexique, les mexicains n’ont pas écouté les créoles. Les principaux soutiens à Maximilien sont ceux que, précisément, les conservateurs méprisent. Maximilien, libéral, va nommer des libéraux partout sur son empire et, fait exceptionnel, d’anciens présidents de la république rallient l’empire mexicain comme Miguel Miramon (??). A ce moment là l’empire s’installer bien et Juarez, qui refuse de rallier l’empire, se retrouve seul, ce qui lui permet d’incarner seul la république. Situation périlleuse de Maximilien, qui a rejeté les conservateurs qui l’avaient mené au pouvoir, qui s’en désintéressent. Il est trop tard quand il les rappelle. Il se met à dos donc les conservateurs, les libéraux et les français.

En 1877 se termine la guerre de Sécession : Washington est prêt à mobiliser ses troupes pour chasser les français du Mexique.

La France se rend compte qu’elle ne peut pas s’opposer aux EU, cf Prusse. Napoléon III se retire en France mais Maximilien refuse de revenir, se lance dans une lutte désespérée contre Juarez mais est capturé et en 1876 est tué (à vérifier date). Le Second Empire a échoué, ce qui marque également la ruine du parti conservateur. La réaffirmation de l’indépendance nationale mexicaine et évidemment du régime républicain.

Maintenant la république peut se réinstaller sans obstacle, bien que d’un pdv institutionnel les tensions entre exécutif et législatif, centre et région n’a pas disparu.

B. La restauration républicaine

Dans les années qui suivent la chute du second empire Juarez reste au premier plan de la vie politique mexicaine, est aussi inflexible dans la paix que dans la guerre. Il est réélu en 1867, dissout la majeure partie de l’armée malgré les rébellions, qui sont toutes matées durement. De nouveau réélire en 1871 pour la quatrième fois, face au général Porfiro Diaz, héros de la guerre contre les français. Les porfiristes contestent le résultat et se soulèvent, mais en 1872 la situation est rétablie par Juarez, seulement le 18 juillet de la même année il meurt subitement.

Son successeur, à face aux insurrections paysannes, va amender la constitution pour interdire les réélections du président et du gouverneur. C’est alors que le général Diaz se révolte une deuxième fois, et remporte cette fois la lutte avec le soutien des EU. Elu, il assume les fonctions présidentielles à partir du 5 mai 1877. Avec son mandat, après un demi siècle d’affrontement politique, le Mexique va connaître une longue période de stabilité et de paix, période appelée porfiriat.

Sous le porfiriat la république fédérale est à la fois affirmée et dévoyée. D’un coté Diaz établi un Sénat qui représente les E fédérés mais de l’autre il renforce le pouvoir exécutif fédéral jusqu’à faire prédominer la présidence de la république sur tous les autres pouvoirs de l’union, au détriment donc des autres E fédérés. Notamment le président de la République obtient le pouvoir de nommer les gouverneurs des E et a la haute main sur toute l’administration mexicaine. Tous les éléments juridiques et méta-judiqiues (figure de Diaz face aux français) va permettre à Diaz d’affirmer le pouvoir exécutif du président de la république jusqu’à établir les bases d’une dictature libéral inattendue de nature présidentielle et non de droit, donc de facto.

En effet, en 1890, Diaz obtient la suppression de la clause constitutionnelle de non-réélection. Ainsi les élections se transforment en simple fiction sous le porfiriat, et il obtient la certitude de se faire réélire indéfiniment et de cacher sa dictature derrière une conformité à la Constitution.

Les libéraux se savent maintenant minoritaires, et ne peuvent plus que se remettre loyalement au verdict des urnes pour reprendre la direction de la nation, ce que Diaz ne va pas faciliter car, d’une part, institutionnellement le pouvoir truque les élections, mais surtout parce qu’il s’est constitué sur une large clientèle électorale.

Ainsi l’élite libérale, qui aspire à participer aux institutions, sont obligées de renoncer à l’exercice de la liberté, ce qui va la discréditer.

Le portifiriat s’appuie également sur la force contre les récalcitrants, ce que vient résumer « pan o palo », le pain ou le bâton, Diaz se montre intraitable à l’égard de ceux qui lui sont hostiles mais la corruption reste le système privilégié pour s’assurer de la maîtrise du gouvernement sur les populations. Mais l’inconvénient est que ce système exige des ressources financières considérables, et Diaz s’intéresse de près au budget de l’économie.

Donc la période sera également celle d’un grand essor économique. En 1894, pour la première fois de son indépendance, le Mexique a un budget en équilibre, 90 ans après. Les années suivantes seront un budget en excédant. C’est sous le porfiriat que le Mexique découvre le chemin de fer et devient le premier producteur en argent du monde. Diaz, pour financer, fait appel aux capitaux étrangers en échange de certains privilèges. Les production mexicaine explose. Le capitalisme mexicain permet une expansion rapide de l’économie du pays mais c’est aussi sa faiblesse : le porifiriat est très vulnérable aux crises économiques internationales puisque les étrangers financent la modernisation du pays.

Son succès s’est également fait au détriment du capitalisme national, et les investisseurs mexicains n’ont pas les mêmes privilèges que les investisseurs étrangers. L’industrialisation du Mexique s’est également faite au détriment des mexicains, employés par les étrangers que pour la main d’œuvre et, pour les attirer, Diaz va négliger les conditions de travail et de rémunération, au ni du credo libéral de non intervention de l’E en matière économique.

En matière agraire l’appétit des propriétaires terriens est si vorace qu’il se sont accaparés, en plus des biens nationaux, des propriétés indigènes, collectives. Diaz n’avait aucun soucis à offrir les terres au meilleur acquéreur.

Le peuple, moins intéressé par trouver un E ??, prend les armes. Les libéraux vont relayer le mécontentement au niveau fédéral, faute, pour conservateurs, de le faire. Ainsi l’opposition à la dictature libérale vient de son propre camp ;

Ainsi un nouveau parti libéral va être fondé et va demande, notamment, à ce qu’une politique sociale soit mise en place par le chef de l’E, pour que le travail soit protégé en tant que propriété de ceux qui n’ont rien pour vivre. Ils demandent à Diaz l’établissement de la journée de 8h, un salaire minimum, une journée de congés payés, etc.

C’est Madero qui dirige l’opposition libérale. Il réclame, en plus d’une politique sociale que les élections à la présidence de la république soient limités et que les lois de la réformes soient abolies. Son programme à long terme était de convertir le pouvoir législatif en un parlement formé de deux chambres dans lequel deux partis politiques dominants détiendraient le pouvoir. Autrement dit il veut un Parlement qui élit le chef du gouvernement et le chef de l’opposition.

Ainsi Madero, on le comprend, propose à Diaz de rester président en échange de reconnaître un chef de ‘opposition. Il refuse, et la lutte politique se transpose sur le terrain. En 1910 le porfiriat s’effondre.

Le peuple mexicain porte Madero au pouvoir mais les révolutionnaires réclament la terre et parlent pour les ouvriers : le Mexique pour les mexicains et la liberté pour tous. Madero, qui mécontente finalement tous le monde, est renversé par un coup d’E militaire en 1913, puis fusillé. Les Chambres sont dissoutes et la Constitution est devenue sans effet. Une dictature militaire se met en place, soutenue par les EU. Ainsi les militaires vont étouffer la vie politique et les revendications sociales.

Une armée populaire va se former pour rétablir la constitution. Carranza, un gouverneur d’E, va commander cette insurrection populaire et réussis à vaincre la dictature militaire. La Constitution est rétablie après 2 ans de guerre civile, et c’est alors qu’une décision radicale est prise : l’armée professionnelle est dissoute et la machine de l’E est démantelée. Sans E, le gouvernement ne peut plus s’opposer aux leaders révolutionnaires : Villa et Zapata. En 1914 la guerre civile reprend, cette fois avec des atrocités inégalées. Le Mexique sombre dans l’anarchie, cela inquiète les EU. Alors Washington va intervenir dans les affaire mexicaines et la fin se résout par le triomphe du parti gouvernemental de facto, par l’anéantissement des forces de Villa et de Zapata. La paix est chèrement retenue et Carrange va réunir un Congrès constituant pour refaire la Constitution de la république fédérale. Il propose de légitimer la force de la présidence la république, c’est-à-dire de donner un caractère constitutionnel à la dictature présidentielle.

La révolution avait trouvé plus d’ennemis que prévu : le nouveau pouvoir exécutif de Villa et Zapata était un pouvoir révolutionnaire et nécessairement faible, d’autant plus au sortir de la guerre civile. Ainsi ce pouvoir exécutif révolutionnaire, affaiblit par la réduction du mandat et pas l’interdiction de la réélection à la présidence de la République doit concéder de nouvelles facultés au Congrès, ce qui rend la situation dangereuse. La révolution mexicaine a triomphé par la guerre mais, pour cette révolution persiste, elle devait triompher aussi par la paix qui signifie la réorganisation du politique, de toutes les forces posées par la révolution. On trouvait de nouvelles forces libérales, des militaires, des propriétaires, etc. Alors le Congrès constituant, formé par les vainqueurs du moment, ne représentaient pas la diversité de la révolution mais finalement que quelques minorités qui ont réussis à prendre le pouvoir. Mais les Congrès ordinaires de l’avenir, qui allaient se succéder aux Congrès constituants, allaient être vaincus ???. Une coalition de ces force pourraient annuler l’action du nouveau pouvoir exécutif, ce qui, dans ces conditions, devait être renforcé.

L’assemblée constituante est d’accord avec les propositions antérieures mais à condition que la constitution fédérale soit réformée non seulement sous ses aspects politiques mais aussi sociaux : elle détermine que ni la société ni l’E qui doit être au service de l’individu, mais au contraire l’individu qui est au service de la nation et la société. Suivant ce principe révolutionnaire les droits individuels sont assujettis à l’intérêt national.

Sur le droit de propriété, toutes les terres et les eaux du territoire mexicain font partie de la nation mexicaine ; l’assemblée constituante reconnaît la propriété privée seulement si cette dernière est subordonnée aux modalités de l’intérêt public. De cette manière les constituants espèrent que le nation cesserait d’être soumis à l’intérêt des propriétaires privés, notamment des propriétaires terrains, c’est-à-dire ceux qui possèdent notamment les puits de pétrole et les mines. Les ressources sont ainsi constitutionnellement nationalisées ; de plus l’Ass constituante ordonne de redonner aux communautés indigènes les terres dont les a dépouillé le porfiriat. Elle déclare illégale la grand propriété rurale et organise un redistribution des terres 1916) : A partir de cette réforme ont reconnaître toutes les formes de propriété : rurale, l’égidal (propriété terrienne pour les paysans ou l’usufruit, qui ne s’exerce qu’avec le travail et la production).

En matière de norme du travail l’assemblée constituante décide d’élever au niveau constitutionnel toutes les revendications de la classe ouvrière ; en d’autres mots, l’Ass constituante légitime la dictature présidentielle révolutionnaire à condition qu’elle soit utilisée pour mettre en vigueur les nouveaux principes de la politique nationale, et notamment les nouvelles réformes sociales posées par la révolution.

Ainsi l’alliance de facto de l’E révolutionnaire avec la classe ouvrière et avec les paysans a été confirmée et légitimée juridiquement par l’Ass. Constituante en 1916.

Qu’apporte l’histoire de la république pour notre cours ? La république, malgré ses promesses, a permis à tous les ambitieux d’espérer conquérir le pouvoir, soit par les urnes, soit par les armes. Pour pallier cette faiblesse le peuple mexicain et ses élites ont essayé d’empêcher ces ambitieux en instaurant à sa tête une monarchie. L’ambitieux devait, pour s’asseoir sur le siège suprême, d’abord renverser le régime, et ils ont tous réussis leur coup. Faire sa chose. Ainsi, au pouvoir, pas d’autre solution que de brider un mandat à vie. Tous sont des monarques républicains qui ne peuvent revendiquer la royauté parce qu’ils se sont tous engagés, armes à la main, contre la royauté (espagnole, Maximilien ou présidence de Santa Anna, Diaz, etc). En fondant la République en opposition à la royauté, ou à l’empire, l’ambition de quelques uns n’a conduit qu’à la misère du pays.

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