• Sylvie

Histoire de la république - 1

Dernière mise à jour : 19 janv.


Présentation du cours :

Contrôle de lecture sur le contrat social de Rousseau à la 5ème séance de TD



République et empire ont des liens, deux notions qui s’alimentent et se repoussent.

Histoire : à quoi sert-elle ?


C’est un moyen d’éclairer le présent, voir l’avenir, en connaissant le passé. Il va y avoir dans l’histoire un laboratoire d’expériences. Conçue ainsi l’histoire n’est pas un érudition mais un outil qui sert à participer au débat public. L’histoire du droit est donc une matière de droit comparé, entre le droit présent et le droit qui a existé. Finalement on se rend compte qu’il y a beaucoup plus de différences entre le droit fr actuel et le droit fr du 18è, que le droit fr et le droit allemande. Compris comme un outil, l’histoire du droit sert à réfléchir et à devenir des juristes, car l’histoire, plus généralement, va compléter la formation de citoyen cf élections.

Dans histoire de la république, Habert va lui donner un sens médiéval : il veut que l’on puisse disputer la matière, dans le sens de disputatio, échanger, discuter avec les chargés de TD sur les sources et ainsi comprendre toutes les notions fondamentales de la République.

Qu’est ce que la République ?

Lorsqu’on jeter un rapide coup d’oeil : il y a une rep fr, une rep populaire de chine, islamique en Iran, démocratique, etc, bref la République est partout mais n’est jamais la même. Donc l’étude de la question est intéressante mais nous allons nous contenter de l’histoire de la République.

Par étude ou histoire on entend des expériences qui ont eu lieu. Nous commencerons par Rome car le mot république date de cette époque sous la forme de res publica. Autrement dit on n’inclura pas la Grèce antique. Pourquoi ? La République de Platon n’a jamais existé : il utilise le mot politéia (le titre de son ouvrage est même peri politéia). La cité n’est pas la république, et d’ailleurs en Grèce le mot république n’existe pas (ils qualifient la F de démocratie). Il sera donc peu rigoureux de donner la définition d’un mot à un autre ; pour comprendre la république il faut comprendre ce que ceux qui ont forgé ce mot ont compris, et ce sont les romains.

Les romains ont pu introduire des éléments de la polis dans leur réflexion de la res publica mais l’inverse n’est pas vrai, sauf peut-être à l’époque byzantine.

Pour le point e plus tard nous nous arrêterons au 20è s. Spécificité par rapport à l’année dernière : cette année histoire comparée de la république, c’est-à-dire procéder à une comparaison géographie. Si on commence à Rome on terminera en Russie en passant par les villes italiennes médiévales, la Suisse, le Mexique, Weimar, etc., afin de voir ce que chacun peut apporter à la définition de la République, ce qu’elle est et ce qu’elle n’est pas.

Faire une histoire de la république c’est également l’histoire de ses institutions et l’histoire de ses idées, mais pas que. Pour forger :

Contrôle de lecture sur le contrat social de Rousseau à la 5ème séance des TD

Nous allons étudier l’histoire des idées de la république et celle de ses institutions car généralement les travaux sont biaisés par l’idéologie. Nous étudierons donc les sources, et principalement des constitutions. Se libérer des auteurs pour « former son propre esprit »

Jusqu’au 7 mars : lundi et mercredi seront réservés à l’histoire de la république deux fois par semaine. Chaque cours sera consacré à une leçon particulière, une république en particulier. Seulement à partir du 9 mars commencera le cours des idées politiques.

Chapitre 1 : La res publica des romains

La république romaine commence après la chute de la royauté en -509. Le dernière roi, Tarquin le Superbe passe pour avoir été un usurpateur et un tyran.Pourquoi ? Histoire de viol de Lucrèce par Sextus Tarquin, héritier du trône, a été l’évènement déclencheur du soulèvement. En effet les romains ont considéré, par cet acte, que leurs droits et libertés n’étaient plus garantis par le roi, car celui-ci aurait pris des lois pour protéger son fils des sanctions qu’il encourrait.

L’insurrection de -509 révèle que les romains ont trouvé insupportable la décision de leur roi de faire prévaloir sa chose privée sur la chose publique, la res publica. Autrement dit la tyrannie de Tarquin le Superbe, celle de la res privata sur la res publica, a fait disparaître la chose publique en entier. Au plus haut que l’on peut remonter dans les sources res publica s’écrit en deux mots, et c’est intéressant car ces deux mots évoquent ensemble un point de vue sur une collectivité, qu’il s’agisse de son identité politique (comme res romana ou res latina) ou de ses affaires (comme la res privata). Peut signifier « gestion des affaires qui nous concernent tous. »

Res publica peut aussi être utilisé au pluriel , mais ce cas l’expression désigne d’autres communautés que Rome. Le singulier ne concerne que Rome : le mot res ne caractérise pas Rome mais quelque chose de Rome qui est comparable aux autres cités. Ne signifie donc pas « république » et n’est pas spécifiquement romaine ; en ce sens il n’y a as à être surpris que les auteurs antiques écrivent que la royauté, ou plus précisément l’expérience de la royauté a été nécessaire pour consolider la res publica, par les bonnes mœurs, les bonnes lois et par l’accès à la liberté.

Tite-Live présente Tarquin l’Ancien, premier roi étrusque, comme celui qui fut capable de renforcer le pouvoir royal autant que d’accroître la res publica. On le comprend : la respublica peut exister en royauté et elle est même nécessaire car les rois ont perdu leur pouvoir, ils ont sombré parce qu’ils ont porté atteinte à la res publica en faisant prévaloir leur res privata.

La décision de chasser Tarquin et ses descendants du trône avait aussi pour objet de mettre fin à la présence étrusque à Rome (les étrusques ne sont pas des latins, vers -616 Rome est fondée par Romulus et ensuite la royauté échoua au roi étrusque Tarquin l’Ancien et ses descendants se sont maintenus sur leur trône grâce à leur habileté politique.)

L’insurrection de -509 est donc vécue comme une libération de l’envahisseur, de l’occupant. En ce sens le nouveau régime que se donnent les romains repose sur la mystique de la liberté qu’ils auraient retrouvé en chassant les étrusques, les étrangers. Ainsi la libertas est l’essence du nouveau régime qui suit la royauté. C’est ainsi que Tite- live et Cicéron parlent de la res publica comme de la cité libre, la libertas.

La libertas est la chose de chacun. Rome a effectivement mis en place un espace institutionnel de discussion, seulement cet espace n’a pas vocation, comme aujourd’hui, à présenter une argumentation, on ne cherche pas à persuader son interlocuteur à Rome. Les lieux de discussion servent avant tout aux partis de faire état de leur force, de montrer à leur adversaires qu’ils disposent d’un soutien, en particulier auprès de l’élite de Rome. Il s’agit donc surtout pour les patriciens d’exposer leurs projets et de les soumettre au vote sans discussion. Les sénateurs font peu de cas de l’opinion de la plèbe, dont ils se fichent. Il s’agit pour eux de faire triompher coûte que coûte leur projet qui, à la fin, va revêtir leur autoritas, leur autorité. En – 200 un tribun de la plèbe décide de déclarer la guerre au roi de Macédoine ; les tribuns répondent que le suffrage populaire n’a aucune valeur et la guerre est déclarée à l’issue d’une deuxième déclaration émanant du Sénat.

Les patriciens ont-ils fondés la res publica contre les citoyens ? Le fonctionnement des institutions romaines révèle que leur agencement a été pensé comme un moyen pour l’élite sénatoriale d’imposer ses décisions au peuple. Pourquoi les procédures, alors qu’elles font participer le peuple, ont pour vocation à lui retirer toute capacité politique ? L’élite romaine possède la plus large part des terres exploitables et évidemment sont décidés à rester entre eux, interdissent les mésalliances (se marier avec des personnes moins riches). Il n’y a donc pas de volonté à Rome d’instituer un système égalitaire entre le patriarcat et la plèbe, ni même d’établir une répartition équitable dans les charges publiques.

Il n’est donc pas étonnant de voir que la première forme de la république est l’oligarchie, monopole des magistratures et du sacerdoces après la chute du dernier roi. Comme a-t-elle réussis à prendre le pouvoir ? C’est cette oligarchie qui a renversé le roi, premier servi.

I. La res

On désigne le mot res comme le plus important de l’expression. Il peut s’utiliser seul ou avoir un complément parfois ; il convient alors de s’interroger sur la qualité que son complément lui apporte.

Le mot res a ceci de particulier qu’il s’applique avec des référents indéfinis, des choses qui peuvent être quelque chose ou ne pas l’être. Ainsi pour qu’une res acquiert une signification précise il faut que des individus portent un regard sur elle, c’est-à-dire parlent d’elle ou agissent à son égard, donnent un mouvement à ce mot. Par exemple lorsque les romains décrivent la totalité du monde il emploient le mot res, les « choses divines et humaines ». La res peut désigner « ce dont on parle », ce n’est pas vraiment la « chose » en fr.

Le jurisconsulte Caius, dans son manuel de droit, le réparti en 3 catégories : les personnes, personne, les res et les actions, actiones. Pour lui c’est l’actio (comprendre la procédure) qui va donner une existence légale à la res. La res ne peut pas vivre sans action. Selon lui le droit se définit comme l’ensemble des procédures mises à la disposition des personnes pour traiter les affaires communes. Une dimension du mot res se révèle : il appartient au langage judiciaire.

C’est donc la chose sur laquelle il faut délibérer. Dans la mesure ou res renvoie à un ensemble d’actions et de paroles, procédures qui constituent une affaire, autrement appelée causa (la cause, qui a donné en fr le mot « chose »), res publica laisse pense qu’appartenir à un peuple consiste à obtenir le droit d’agir dans la cité. Les romains font de chaque recensement une cérémonie : c’est-à-dire que c’est à ce moment précis de la cérémonie que les romains prennent connaissance, conscience de l’arrivée de nouveaux citoyens au sein de leur corps civique. Finalement pour les roamins il n’y a pas besoin de définir le statut juridique du citoyen, qui passe par la reconnaissance des autres citoyens.

La notion de civitas est donc finalement proche de la notion de res publica mais ne se confond pas, de même que pour libertas.

A. Les synonymes de res

a) libertas

Dans les sources antiques désigne l’absence de servitude, en cela porte l’idée de protection des personnes et des choses. Il faut bien comprendre la notion de manière concrète, et la citoyenneté est le plus haut degré de ce statut de la liberté : la citoyenneté c’est la liberté à Rome. Si cela est beau, il va y avoir des conséquences : cette approche concrète va empêcher les romains d’y apporter une définition clair et précise.

Selon les texte de Caton la liberté est une sorte d’expérience commune, alors que chez Scipion la liberté est une expérience individuelle. C’est là que ça se complique : la relation entre libertas et civitas va devenir ambiguë. En effet c’est la cité de Rome, après la chute de la royauté, qui est qualifiée de libre, et non les citoyens romains, ce qui est gênant « Rome est la civitas libera ».

L’histoire de la libertas ne recouvre donc pas totalement celle de la respublica car la respublica existait déjà sous la royauté alors que la liberté est apparue avec le soulèvement. C’est donc vers -509 que libertas et respublica se sont mis à partager un destin commun.

b) civitas


Jusqu’au 3è ava JV les auteurs anciens donnent à la civitas et à la respublica un sens si proche que, dans leur textes, les mots sont parfois interchangeables puisque lorsque les deux mots apparaissent dans une même phrase cela permet de voir une certaine différence : dans certains cas renvoie au gouvernement de la cité. C’est-à-dire qu’une cité sans gouvernement est qualifiée de urbs, et avec un gouvernement c’est une respublica. C’est le cas de Capoue qui a supprimé son gouvernement.

Selon la légende le territoire civique de Rome a été fondée par des rituels, des gestes, des paroles, qui ont tous été approuvés par Jupiter lui-même. C’est intéressant car la cité romaine trouve, dans cet évènement, l’origine de sa communauté cultuelle ; la communauté romaine émane de la volonté des dieux. Ainsi, à Rome, les dieux et en particulier Jupiter partagent la res publica avec les romains. Pour cela certaines affaires du gouvernement romain vont faire intervenir les dieux ; autrement dit les romains, pour certains affaires, vont pouvoir statuer sans consulter les dieux.

Cette dimension territoriale est encore importante dans la conception juridique de la citoyenneté romaine car elle permet à la civitas de désigner à la fois l’ensemble des citoyens et le droit de la cité. Ainsi le lien entre civitas et res publica, pour qu’il soit maintenu, condamne les romains à étendre éternellement, continuellement leur droit à des individus et des communauté qu’il rattache à mesure de leur conquête : le pouvoir des dieux s’étend sur tout le territoire.

B. Les compléments de res

a) populi

Rappel : le mot res est indéterminé, du moins jusqu’à ce qu’on lui attribue un qualificatif. On retrouve chez les auteurs archaïques l’expression res populi qui peut signifier toutes les choses de la cité se rattachant au peuple. L’expression res populi se réfère au champs du vocabulaire diplomatique, des relations extérieures notamment entre Rome et les étrangers, alors que res publica relève plutôt du champ lexical des relations internes, c’est-à-dire de ce qui relève des citoyens entre eux. On ne peut pas traduire res publica par res populi, même si ces deux notions sont proches.

Cette différence est extrêmement importante pour comprendre la devise de la république romaine : SPQR. « Populus » sert à désigner une certaine personnification de la cité, qui apparaît comme une individualité qui a ses droits et ses intérêts propres. Seulement cette notion de populus est imparfaite car les biens du populus sont aussi les biens collectifs des citoyens. Dans cette balance entre privé et collectif, l’aspect concret du groupement des personnes l’emporte sur les conceptions abstraites. Ainsi Cicéron, grand juriste de l’époque romaine, admet que le populus est une réunion d’individus liés par un accord unanime en vue de leur utilité commune.

Le populus apparaît comme un organisme lié par les structures juridiques en vue d’une fin commune. En ce sens civitas, qui désigne la cité, dérive du mot civis, « citoyen ». C’est-à-dire que chez les romains ce sont les ciotyens qui font la cité et non l’inverse ; ce sont les grecs. Chez les grecs le mot polites dérive de la cité, d’où encore un avertissement à ne pas considérer Platon comme le père de la république car c’est totalement différent chez les romains.

Va expliquer la toute puissance du Sénat à Rome sur la plèbe mais aussi du pater familias sur sa femme, ses enfants, ses esclaves ; à Rome tous ceux qui n’ont pas le pouvoir d’agir sont dépendant de ceux qui l’ont.

A partir de quand s’est constitué cet ensemble ? Le peuple, dans les textes initiaux, désigne les citoyens propriétaires et ceux en âge de prendre les armes. Lorsqu’il s’est retiré sur les colline du Laventin pour se constituer en groupe politique face aux patriciens, il faut comprendre le mot peuple par « l’ensemble des soldats ». Cet épisode a permis de former le terme : les soldats ont défendus leurs propres intérêts.

Il faut attendre le 4è s av JC pour que le populus s’appliquent à l’entièreté des citoyens de toute classe confondue (mâles et adultes). Le mot plebs, la plèbe, va également acquérir sa propre signification. Peuple et plèbe vont avoir des destins différents au même moment : les plèbe désigne ceux qui ne font pas partie des ordres supérieurs.

-4è le populus ba donc prendre différents sens : la plèbe, mais il ne fait pas nécessairement partie de la plèbe. Les institutions romaines vont se fonder sur ces définitions : donner le pouvoir aux uns et non aux autres

b) publica

La res publica se distingue de la res populi en ce qu’elle se rapporte aux relations des citoyens entre eux. L’origine des mots est encore une fois utilise : publicus tient sont origine du mot pubes, qui a donné en fr le mot pubère. Le pubère est celui que son père considère comme acte à entrer dans la vie publique car il est en âge de procréer. En ce sens le public, selon les romains, concerne exclusivement les mâles, les hommes. A Rome les femmes sont citoyennes mais ne font justement pas partie du peuple de la respublica, elles n’ont pas de droit à agir. Pourquoi ? Processus historique de la formation civique -5è siècle : ce sont les hommes qui se sont révoltés, ils ont depuis conservés les droits de la cité.

Ainsi le service militaire apparaît comme un élément structurant de l’espace public puisque les femmes sont écartés, réputées incapable de porter les armes en raison de leur prétendue faiblesse naturelle. De l’autre coté du Rhin, où les femmes sont des guerrières, autre conception (à vérifier).

Cette conception a rattaché la res publica à la patrie, la patria, le père. A Rome le pater familias, le père de famille, est le citoyen dans toute sa plénitude de pouvoir, celui qui a des attributs politiques, qui exerce des responsabilités, qui a des droits et des devoirs. Ainsi la patrie romain est l’ensemble des pères de famille qui composent le corps civique. Le parricide est un crime intéressant à mettre en relief : il n’est pas un simple homicide mais un crime public qui entraîne toujours des poursuites publiques parce qu’il engage la cité comme telle, composée des citoyens. Le parricide est un attentat contre le pouvoir, c’est un homme qui s’attaque au pouvoir, qui transgresse avant tout l’ordre de la cité.

Dans la guerre civile l’adversaire est qualifié de parricidium, celui qui détruit l’ordre de la cité. La publica renvoie donc à la communauté de droit

II. Res publica

Organisée par les romains, elle est dotée d’institutions. Les patriciens ont confisqué la res publica à la plèbe.

A. Les institutions de la res publica

a) les structures décisionnaires

N’importe qui peut nourrir l’ambition d’être le seul à dévider de tout, et pour y faire face les romains ont mis en place un système ou le pouvoir est établi entre plusieurs têtes pour un temps défini, dimension statutaire et temporelle. Des magistrats sont désignés pour un an, ce sont les consuls. Deux sont à la tête de Rome. Ce caractère collégial et bicéphale doit permettre à chacun des consuls d’agir seul mais sous le contrôle de l’autre ; ce contrôle s’appelle l’intercessio (à vérifier). Les romains ont également prévu que les consuls, à la fin de leur mandat, doivent rendre des comptes de la gestion de leur consulat et prêter serment qu’ils n’ont rien fait de contraire aux lois. Si des suspicions sont émises les consuls peuvent être jugés par le Sénat. Dans les cas où la situation l’exigerait les romains ont néanmoins admis une unité de direction, la dictature.

Le dictateur est celui qui dicte, en ce sens il est une magistrature qui exerce la plénitude des pouvoirs mais à titre exceptionnel et pour 6 mois seulement, donc la moitié d’un mandat de consul. Avec le temps les romains ont adjoint au consul deux secrétaires faisant fonction d’administrateurs des finances : les questeurs. Il a des compétences financières mais aussi la fonction d’enquêter et de sauvegarder le trésor. Se sont, aux questeurs, ajoutés les préteurs, magistrats chargés principalement d’appliquer le droit (le surnom des juges actuel est préteurs).

La juridiction des préteurs, circonscrite à Rome, ‘est étendue au fur et à mesure du temps et des besoins, notamment par les territoires acquis par les armées romaines où les préteurs sont envoyés en mission.

La préture est rendue collégiale en créant, à côté du préteur urbain de Rome, le préteur pérégrin. Il y a ensuite l’édilité : les édiles sont également des administrateurs, chargés de la police municipale ainsi que de l’approvisionnement de Rome, organisent entre autre les fameux jeux romains.

En -367 les patriciens et les plébéiens ont chacun les leurs.

Edile currules, des praticiens (siègent sur le siège dit « curule », sorte de tabouret)

Il y a enfin les censeurs, élus parmi les anciens consuls, qui ont pour compétence de procéder au recensement quinquennal : les censeurs classent la population par la fortune, ce qui fait de ces censeurs ceux qui recrutent les sénateurs.

b. les pouvoirs des magistrats

Il faut disinguer les magistrats supérieurs et les magistrats inférieurs.

Inférieurs : ils possèdent la potestas, le pouvoirs

Supérieurs : ont à la fois la potestas et l’imperium

La potestas désigne généralement toute forme d’autorité reconnue par le droit à une personne (par exemple le pouvoir du père).

L’imperium est le pouvoir de commandement, aussi bien civil que militaire. C’est donc à la fois le pouvoir d’administrer la cité et celui de commander l’armée. Dans l’imperium civile le magistrat a un droit de contrainte qui peut aller jusqu’à l’emprisonnement du citoyen. Dans l’imperium militare, le titulaire a un pouvoir de vie ou de mort, quasi-absolu et sans recours au peuple, alors que les administrateurs civiles doivent passer par les tribunaux.

-494 les plébéiens, frustrés de se voir évincer et repliés sur le Lavantin, et les patriciens, qui savaient qu’ils représentaient une force non-négligeable, ont crée le tribunal de la plèbe qui a pour objectif de défendre les intérêts de la plèbe face aux patriciens.

Les tribuns de la plèbe se sont rendus intouchables en s’octroyant un statut religieux exceptionnel qui les rend intouchable. Ils ont un droit de veto sur le sénateur. Ainsi la puissance tribunitienne s’impose aux magistrats ad impeirum, aux magistrats supérieurs. Sorte de contre-poids à leur pouvoir. En théorie toutes ces magistrature s’organisent en symbiose avec les assemblées.

B. Les structures délibératives

La première de ces assemblées est le Sénat : c’est l’organe permanent de l’oligarchie au pouvoir, dépositaire sacré et source permanente de toute autorité à Rome. Sa tutelle s’exerce urbi et orbi, sur la ville et sur le monde.

Compte-tenu de son importance il intervient dans les actes importants qui concernent la vie de la cité et les relations avec les étrangers. Rien ne se fait sans son aval. Religion, trésorerie, politique intérieure, diplomatie etc. relèvent de sa compétence.

Toutefois le Sénat n’a pas de pouvoir législatif, il ne rend que des conseils par Sénatus consultes. Son rôle reste néanmoins dans l’élaboration des lois puisqu’ils invitent les magistrats à sanctionner en vertu de l’impérium.

Les décision prises par les magistrats doivent être ratifiés par les sénateurs. Il faut bien définir le mot auctoritas : vient du latin augmenter, donc l’auctoritas des sénateurs augmente la valeur d’un acte pris par un magistrat.

L’auctoritas intervient après le vote de l’assemblée (il faut qu’il y ait une décision). L’auctoritas ne lie pas l’assemblée en droit mais l’autorité du Sénat sur l’assemblée est considérable puisqu’aucune mesure sans aval de l’auctoritas n’était appliquée (à vérifier).

Seuls les plébiscites, mesures propres à la plèbe, échappent au Sénat.

Ce pouvoir de contrôle se rapproche du contrôle de constitutionnalité : le Sénat, en revêtant ou non l’autorité à un acte juridique, finalement exerce un contrôle sur lui.

Le Sénat fixe le théâtre des opérations militaires, incarne la cité.

Début 4è s av JC les premiers plébéins rentés (qui avaient de la fortune) deviennent sénateurs (de 300 à 1000). Le Sénat dépend des questeurs, qui dressent l’album (à vérifier). Le Sénat est convoqué par un magistrat, qu’il soit préteur ou tribun, et son président appartient à l’un de ces magistrats.

Aucun ordre du jour ne restreint les sénateurs, de même que le temps de parole.

Après le Sénat viennent les comices, les assemblées du peuple : chacune d’elle correspond à un collège électoral. Il y a trois comices à Rome :

- les comices curiates : collège électoral où l’aristocratie garde la prépondérance, a essentiellement un rôle religuex, y sont ordonnés les sacres ou les ordonnances.

- centuriates : y figure en quelque sorte le peuple romain en armes.

- tributes, ou commices plébéins, rassemblent la plèbe, ce qui reste. C’est dans ceux-là que sont élus les tribuns de la plèbe. A partir de -287 la plupart des lois y sont votées.


II. La confiscation de la Res Publica

Afin de se prémunir contre tout risque inutile les patriciens ont mis au point un système qui confère la prépondérance aux groupes constitués, les classes supérieures. Dans ces comices ils ont prévu que le vote ne se fasse pas par tête mais par unité de vote, les « tribus » qui ont un caractère territorial (cf Jupiter). Les patriciens ont donc d’abord essayé de recueillir les avis des classes supérieures : on fait d’abord voter les plus riches, et enfin les plus pauvres.

Théoriquement tout le monde vote par tête mais la pratique de la clientèle aboutit à un résultat similaire ; de même les codes, formules de procédure, les protocoles sacrés sont tenus secrets puisque les pontifes possèdent les monopoles de ces connaissances. Réflexion sur le jus, le droit, à Rome : il tient son origine du jus, le « sort » découvert dans les entrailles.

-451/ -449 : une commission a élaboré de réforme sur la publicité du droit de façon à la rendre plus accessible à tous, c’est le moment de la création de la loi dite des Douze Tables. Cette loi ne créée par un droit égalitaire mais explique le pater famililias et met l’accent sur la propriété foncière. Il faut néanmoins reconnaître à la loi des Douze Tables l’idée que désormais l’entièreté du peuple romain serait jugé selon le même texte car accessible à tous.

A la faveur des troubles sociaux, à l’accumulation des dettes en faveur des patriciens, le tribun de la plèbe Stolo (?) a obtenu en – 367 que l’un des deux consuls soit un plébéien. En -342 il est admis que les deux consuls puissent être plébéiens. En -326 l’un des deux consuls est devenu de droit un plébéien.

Les aristocrates on été préférés concéder du pouvoir à cette nouvelle aristocratie de façon à leur tenir dans le plus grand nombre hors de la res publica. Finalement les humiles, les personnes humbles, sur le papier peuvent devenir consul mais dans la réalité absolument pas le cas. Cela est d ‘autant pire qu’au fur et à mesure des guerres, des conquêtes, pour approvisionner ses propres citoyens, Rome, peuvent engendre de profondes modifications irréversibles. Des guerres ont écrasés les romains, ont conduit à des saignées démographiques.

Les pillages n’ont pas non plus réussis à tout reconstruire, les romains sont des laboureurs et pendant les guerres ils n’entretiennent pas leur champ et, de retour de la guerre, doivent repartir à zéro. Cela a conduit de nombreux soldats démobilisés à la ruine et à la cession pure et simple de leur domaine, de leur propriété. Le meilleur moyen pour eu était alors de devenir ouvrier agricole au service des grands propriétaires, riches exploitants qui ne sont pas partis à la guerre. Cela a fait grossier les villae et dans le même mouvement la nobilitas a pu augmenter la taille de ses exploitations en guise de remboursement des dettes. En effet les nobles qui ordonnent les dettes mais n’y participent pas ont spéculé sur la possibilité des débiteurs à rembourser leur emprunts et récupérer leurs terres.

C’est ainsi que les petites exploitations romains ont disparu au profit des latifundia. Les soldats ne pouvant plus exploiter leurs terres les friches augmentent, il n’y a plus autant de productions agricoles ce qui provoque des famines. Tout le monde va alors à Rome, qui a approvisionnée, ce qui conduit aux problèmes de surpopulation.

Ainsi la classe moyenne va sombrer et, dans sa chute, tout un sous-mode d’esclave s’est mis en place. Il a fortement renforcé l’oligarchie sénatoriale. Les tribuns de la plèbe, quant à eux, se sont peu à peu laisser prendre par le système oligarchique afin s’assurer leur rôle d’intermédiaire, laissé corrompre par les largesses du Sénat pour aller dans le sens de ses intérêts.

La voracité des patriciens à conduit à détruire Carthage et le pillage méthodiques des colonies a permis à de nombreux nobles de voir leur nom être noté parmi les plus dignes.

La république est un gouvernement d’intérêt privé élargit. Les patriciens sont ls seuls à pouvoir fournir les appareils financier et militaire. Corruption institutionnalisée.

Toute la puissance de la république romaine est peut-être qu’elle laisse à chacun la liberté de s’élever à condition de devenir riche, avec l’aide de plus puissant que soit.

Quand on considère des assemblées et les magistratures romaines de la res publica, les principes sont saufs : la libertas et la civitas sont sauvegardés ; en revanche système inéaagalitaire réajusté en fonction des évènements sociaux. Les romains voient les grecs comme des anarchistes, car pas assez de catégories sociales.

Mais les revendications de la plèbe ne sont pas forcément hostiles aux résolutions des patriciens, ce qui est une des particularités.

Conclusion : la république apparaît alors comme une oligarchie d’hommes qui fait prévaloir ses choix, parés d’atours démocratiques. Son fonctionnement montre l’inverse : la république n’est pas démocratique, c’est-à-dire que république et démocratie ne sont pas synonymes.

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