• Sylvie

Fiches de révision - Histoire de la République (cours 8 à 14)

Il manque le dernier, qui ne sera pas fait d'ici jeudi, faute de temps. Bonnes révisions !



Fiche de révision - Histoire de la République 8-14
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Chapitre 8 – La République en Angleterre

L’Angleterre a fait l’expérience d’un régime républicain, de courte durée, entre 1649 et 1669. Elle a eu de nombreuses retombées historiques et idéologiques. A cette époque la respublica est entendue comme le Commonwealth, le « bien commun ». La république ne correspond pas nécessaire à une forme de gouvernement anti-monarchique.

I. Le Commonwealth de Grande Bretagne

En 1645 le roi Charles Ier d’Angleterre perd une bataille contre l’armée parlementaire, dirigée par Olivier Cromwell. Le roi est condamné à mort suite à un vote et la royauté est abolie. Le Parlement déclare détenir l’autorité, « sans aucun roi ni Chambre des Lords ».

A. Le Commonwealth du Rump (surnom du Parlement)

La population anglaise admet assez mal ce changement, notamment Londres dont le maire a prêté serment à la couronne. Il est remplacé, et les premières mesures de la nouvelle République consisteront à annexer l’Ecosse et l’Irlande et à unir les îles britanniques, par la méthode des massacres notamment en Irlande. L’Ecosse présente alors la décapitation de Charles Ier comme injuste, comprenant que leur indépendance dépend du maintient de la royauté. La révolte échoue, de même que la tentative de nommer Charles II au trône. Une guerre d’usure se développe alors entre le Parlement et l’armée pour le commandement du Commonwealth. Olivier Cromwell, qui appartient à la fois à l’armée et au Parlement, incarne celui qui peut mettre fin à la guerre civile et choisis de reprendre des pratiques monarchiques. C’est dans ce contexte que Hobbes publie le Leviathan.

B. Le protectorat d’Olivier Cromwell

Les débats sont agités sur la composition du Parlement. Les Parlementaires, qui se sentent menacés, élaborent un projet pour écartés les membres élus qui pourraient être indésirables, ce qui est critiqué par les partisans de Cromwell, qui, le jour du vote, réalise un coup d’État en faisant entrer les mousquetaires - l’armée – dans le Parlement, au nom de la cause Républicaine.

En 1653 Cromwell réunit une assemblée nommée par le Conseil des officiers, donc ar l’armée, approuvée par le Conseil d’État et nommée « Parliament of the Commonwealth ». C’est à partir de ce moment là que le Commonwealth commence à se qualifier comme une nation sainte, dont les députés expriment la volonté de dieu. Par la théologie le Commonwealth tire l’argument de ne pas se soumettre à l’élection, car c’est dieu qui prononce. De 1655 à 1657 l4anngleterre est placée sous le régime de la loi martiale.

Or Cromwell s’inquiète de la fragilité du régime anglais et sa capacité à vivre sans roi. Il fait voter en 1653 la dissolution du Parliament of the Commonwealth et se dote de pouvoirs incommensurables en se faisant appeler « Lord Protector du Commonwealth », une fonction élective et non héréditaire mais à vie.

Le bicamérisme caractérisant la monarchie anglaise se transforme ainsi en monocamérisme, et le Parlement n’est plus élu au suffrage universel masculin, comme sous l’Ancien Régime, mais par un vote censitaire d’où sont exclus les catholiques.

Or la perspective d’une restauration royale se renforce. Le Parlement propose la couronne à Cromwell, qui la refuse. Un nouvel « instrument du gouvernement » est voté au Parlement, la « Humble Pettition and advice » qui installe une nouvelle Constitution avec un Parlement bi-caméral qui assoit encore plus la religion protestante. Cromwell, sans être roi, est quand même assis sur le trône. Ce n’est pas une République mais pas non plus une royauté. Le Lord Protector a le pouvoir de désigner son successeur.

II. L’héritage du Commonwealth de Grande Bretagne

Richard Cromwell succède à son père en 1658. Il envisage de fonder un nouveau Parlement. Les débats portent sur l’ouverture de l’Assemblée aux écossais et aux irlandais, et sur la composition du Parlement. Les opposants de Richard veulent un retour du Commonwealth du Rump, du temps où le Parlement avant plus de pouvoirs que le Lord.

Des réticences envers Richard apparaissent pour reconnaître son titre de Lord. En réaction, il dissout le Parlement et le puissant Conseil des officiers, se mettant das une position périlleuse qui positionne le protectorat à la fois comme l’aboutissement de la République et comme sa fin. Le protectorat est renversé en 1659. Charles II est rappelé sur le trône par le Parlement en 1660.

A. L’héritage en Angleterre

Deux remarques : le mot de république prend un sens moderne en Angleterre à partir de 1689. Il désigne alors une alliance monarcho-parlementaire qui repose sur la notion d’endiguement de l’exécutif monarchique : le Parlement est là pour limiter les pouvoirs du roi. Dans ce sens le régime républicain de Cromwell se distingue en tant que Commowalth (et est plus rarement qualifié de République).

Pour Hume, la « vraie République » serait celle où règne la liberté et l’E de droit dans une Constitution mixte fondé sur la monarchie et le gouvernement représentatif : donc la monarchie constitutionnelle est le régime qui s’approche le plus de l’idéal de la République, car la monarchie constitutionnelle institue un gouvernement des lois et non des hommes sans toutefois en présenter les défauts. La République devient l’idéal vers lequel doit tendre toute monarchie moderne puisque les monarchies modernes se fondent sur un équilibre constitutionnel.

À partir de 1689 c’est dorénavant l’alliance monarcho-parlementaire qui, pour sa survie, politique crée la nation britannique, alors qu’en 1649 c’est la disparition de la monarchie qui a imposé la recherche d’une nation anglaise et qui n’avait pas été trouvée, faute d’une unité religieuse.

À partir de 1686 l’idée naît d’une action préexistante qui s’incarne dans le Parlement et qui donc justifie par cette représentation parlementaire un droit de résistance face au roi. A partir de ce moment-là, le Parlement est souverain et non la nation anglaise. C’était la conséquence de l’héritage du Commonwealth en Angleterre.

B. L’héritage en France

A côté de Mirabeau, qui traduit un certain nombre d’œuvres en français, se tient un autre grand nom : l’Abbé Sieyès, qui va trouver son inspiration constitutionnelle dans les travaux du « Commonwealth of Oceana ». Le club des cordeliers, dont le nom officiel est la « société des amis des droits de l’homme et du citoyen », qui s’inquiète que les principes de la DDHC ne soient pas appliqués correctement, va recourir à la théorie de ces institutions anglaises, mais ses conclusions vont plus loin : les droits et liberté des citoyens français ne peuvent être garantis que par un gouvernement républicain (en 1790 il y a encore la royauté). Il ne sont cependant pas pour un gouvernement représentatif mais pour le principe de rotation des postes et pour une distinction entre citoyen actif et passif.

En conclusion : l’Angleterre, en coupant la tête de son roi en premier, a jeté le fondement du républicanisme moderne en laissant comprendre qu’il était anti-monarchique ; c’était oublier que l’Angleterre a très vite rétabli la monarchie après le Commonwealth.


Chapitre 9 – Les États-Unis d’Amérique

En 1744 le Congrès réuni à Philadelphie décide de se doter d’une structure commune, l’association, ce qui marque le début de la lutte de l’indépendance des colons anglais. Les insurgés sont déterminés à mourir pour les principes anciens du droit, qui motivent l’insurrection et la déclaration d’indépendance du 4 juillet 1776 : les « droit fondamentaux », qui sont la garantie de la vie, de la liberté et de la recherche du bonheur.

La révolution n’est pas fondée sur des textes exacts mais sur la recherche d’une vérité constitutionnelle, un assortiment de règles et de coutumes, de droits naturels mélangés qui auraient été révélés par la raison, comme l’Habeas Corpus, la CommonLaw, la Magna Carta ou le Bill of Rights. La constitution n’est pas incarnée par son contenu mais par un principe : la limitation du pouvoir et son accomplissement est perçu la redécouverte de l’origine populaire du pouvoir. Les libertés anglaises sont remplacées par les libertés américaines. Mais le but est d’établir un gouvernement des lois et non un gouvernement des hommes, et plus précisément un gouvernement de la République. Ainsi, pour les Pères Fondateurs, l’homme n’est pas le fondement constitutionnel, ce n’est pas non plus le citoyen, mais c’est la République, par ses lois.

Ni l’association, ni le congrès continental n’ont donné de consignes constitutionnelles aux États de l’union, qui appliquent chacun des solutions diverses. Les rapports entre pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires varient radicalement d’un État à un autre. Les nouvelles Constitutions remplacent les institutions coloniales, mais une est maintenue : le Gouverneur. Ses prérogatives sont limitées, il reste un administrateur. L’ultime étape est la constitution d’un État fédéral capable d’unifier les 13 nouveaux États d’Amérique.

I. Le rejet de la pure démocratie

En 1781 les fondateurs incitent chaque État à réunir des conventions spéciales pour ratifier le projet de Philadelphie, qui vise à consolider le pouvoir central. Composée de 13 articles, la Constitution confédérale de 1781 ignore toute division du pouvoir. Elle institue un corps législatif unicaméral, le Congrès. La Confédération dispose des 3 pouvoirs mais est restreinte en matière de défense, commerce et fiscalité. Chaque État est censé contribuer au trésor commun proportionnellement à la valeur des terres possédées par ses habitants. Mais la Conféd ération est est une sorte d’État fantôme car dénuée de souveraineté, ses pouvoirs sont seulement délégués. Ainsi la nouvelle Constitution de 1787 va être son antithèse et instituer une séparation des pouvoirs stricte, afficher un exécutif unitaire, élu, avec un droit de veto suspensif sur le Parlement. Elle établit la suprématie de la loi fédérale sur toutes les lois des États fédérés ; le juge fédéral va pouvoir imposer aux législateurs de déclarer l’inconstitutionnalité d’une loi étatique voire d’une Constitution. Un véritable pouvoir judiciaire est fondé sur un réseau de tribunaux fédéraux soumis à une Cour suprême.

Autrement dit les décisions prises à l’échelle des États fédérés vont être surveillées par des juges qui ne sont pas élus. La Constitution de 1787 est un rejet de la démocratie.

A. Le problème démocratique : la dictature de la majorité

Pour les Pères Fondateurs, les États fédérés sont pensés comme des corps intermédiaires capables de neutraliser les conséquences d’une démocratie qu’ils estiment capable d’exercer l’oppression la plus cruelle sur les minorités - qui sont alors l’élite américaine, des propriétaires qui ont peur de la nationalisation de leur patrimoine. Plusieurs degrés de solutions sont adoptés pour faire disparaître les spécificités locales des États et éviter qu’ils poursuivent leurs propres intérêts au détriment de l’intérêt général par consolidation du pouvoir central et la neutralisation de la représentation nationale au niveau fédéral. Le remède principal pour freiner la démocratie sans la détruire est la représentation.

B. Le remède américain : la représentation

L’intérêt de la représentation est qu’il éloigne l’élu de sa circonscription, en opposition à la démocratie directe. Les Pères fondateurs ne croient pas en la théorie du pouvoir représentatif : l’élection a pour but de produire une cassure, d’élire une sorte d’aristocratie naturelle. Pour limiter encore plus la population, ils imposent des mandats courts pour la Chambre des représentants (2 ans) et la présidence (4 ans). En contrepartie, la permanence du Sénat doit contrebalancer la Chambre des représentants. L’élection pour la Chambre est au suffrage direct, celle pour le Sénat est au suffrage indirect. Ce système garanti un filtre méritocratique et élitiste puisqu’il entend écarter le peuple, qui doit être protégé contre lui-même, cf « We, the people » : derrière le mot peuple ce n’est pas la masse mais l’élite par laquelle elle s’exprime qui est visée.

II. La prééminence du droit

L’ambiguïté de ce mot « fédéral » est encore assumée par les Pères Fondateurs, « la nouvelle Constitution n’est ni complètement nationale ni complètement fédérale : c’est une république composite ». Le scandale avec la Constitution de 1787 est, pour les Pères Fondateurs, d’avoir abandonné la logique et le langage de la souveraineté en faveur d’une formule mixte qui est celle de réconcilier l’inconciliable, c’est-à-dire de faire un assemblage d’États souverains dans une fédération elle-même souveraine. La conquête de l’Ouest va reléguer le débat constitutionnel au lendemain.

Après la victoire sur le Mexique le problème de l’interdiction de l’esclavage a relancé le débat sur la souveraineté : en effet la Constitution de 87 interdisait à l’Union de s’attaquer à l’esclavage dans les États fédérés. Les nouveaux territoires conquis à l’Ouest pourraient-ils être esclavagistes ?

Du fait que la Californie ait rejoint les États, cela l’oblige à devenir un État esclavagiste, de part l’égalité. Pour réduire la tension le Sénat va voter un nouveau compromis en 1850 qui va durer 5 ans : la loi Kansas-Nebraska, qui met fin à la guerre civile du Kansas en remplaçant le critère géographique par la souveraineté populaire. Par cette technique le Kansas va réussir à éviter de devenir un État esclavagiste mais, en contrepartie, les esclavagistes vont renforcer leur prééminence au sein du Sénat par une disposition constitutionnelle et seront sur-représentés.

Le Congrès a-t-il le droit d’exclure l’esclavage d’une portion du territoire ? La réponse des juges est non. La Cour Suprême, dans l’arrêt Scott, assume une responsabilité que le Congrès avait toujours fui : elle se substitue au législateur et ainsi apparaît les prémisses du gouvernement des juges.

La victoire franche du candidat Lincoln va mettre le feu aux poudres. Malgré les garanties que Lincoln offre aux esclavagistes, ses positions sur la sauvegarde de l’Union va conduire la Caroline du Sud à prendre la tête d’un mouvement sécessionniste : les citoyens de la Caroline du Sud annoncent que l’Union est dissoute, contre la politique des anti-esclavagiste, dénonce le parti républicain et l’insécurité des E fédérés. La guerre sera la solution au problème de sécession.

A. Le gouvernement des juges

La victoire des États du nord sur les États du sud assure l’union, mais de nombreuses questions constitutionnelles restent en suspend, notamment sur les juges. Le premier arrêt fondateur est Marburry v Madison, où la Cour Suprême s’octroie le pouvoir d’interpréter la Constitution. Le second est l’arrêt Scott, où les juges prennent position lorsque le pouvoir politique ne le fait pas. Le 3è est lorsque la Cour Suprême fait invalider une loi de NY qui limitait le nombre d’heures de travail des étranger, cf arrêt Lockner v NY.

En 1929 le crash boursier entraîne un chômage de masse, le développement de bidonvilles et de la faim. Roosevelt est largement élu en 1932 et impulse la politique ud New Deal pour redresser les États-Unis, tout en renforçant la présidence de l’État, en menant une politique interventionniste à échelle internationale, en mettant en route les banques et en réorganisant l’industrie. La Cour suprême, qui s’oppose à sa politique interventionniste, juge inconstitutionnelles plusieurs de ses mesures. Roosevelt, réélu en 1936, va profiter de cette confirmation populaire pour déposer un projet de réorganisation du pouvoir judiciaire et renforce sa majorité au Congrès. Face à l’opposition son projet, mal compris par la population, est abandonné mais la Cour suprême, marquée, va se montrer plus ouverte sur les opinions divergentes.

B. La domination de la Constitution

La Constitution de 1787 est la plus ancienne, et constitue à la fois un cadre politique et légal par son influence. Le peuple est une entité que la Constitution a créé, c’est-à-dire que le peuple procède de la Constitution. La formule « We, the people », marque la distinction qui permet de comprendre ce qu’il est entendu par « peuple » : la virgule marque le rapport souhaité par les Pères Fondateurs entre la souveraineté et le peuple. Tout en mettant celui-ci à la source légitime du pouvoir, la masse doit être comprise par sa représentation, ce qui autorise, en face de la Chambre des représentants, à mettre le Sénat, quasi-aristocratique, ainsi qu’une présidence du Congrès face à tout risque. De plus, les Pères Fondateurs ot rendu la procédure de révision de la Constitution quasiment impossible. Le génie du système américain est d’avoir interdit de remettre en cause la République.



Chapitre 10 – La république du Mexique

Au 19è siècle les conservateurs et les libéraux républicains se sont mis d’accord contre l’Empire et Augustine abdique. Ils affrontent ensuite l’Espagne, qui veut reconquérir son ancienne colonie. Mais, quand la menace espagnole disparaît, s’ensuit une période d’anarchie politique et constitutionnelle : les conservateurs veulent un système centralisé, les libéraux, eux, veulent le fédéralisme.

I. L’instabilité républicaine

Le 4 octobre 1824 le Congrès de l’Empire mexicain, transformé en Congrès général constitutif, proclame la nouvelle Constitution du Mexique. Celle-ci établit une république démocratique qui maintient les privilèges de l’aristocratie, l’intolérance religieuse, le régime de la propriété corporative et garantit le maintient des biens de l’église. Cette Constitution s’inspire de celle des États-Unis.

A. La république fédérale de 1824

La république de 1824 est marquée par la polarisation entre régions et nation. Comme les libéraux détiennent le pouvoir, ce sera leur vision qui sera retenue. La république instaure une fédération mais le gouvernement va avoir du mal à s’implanter dans les localités et certains États ne paient leur contribution fiscale. Conséquence : le gouvernement libéral est critiqué et les caisses sont vides. Pour limiter les dépenses la marine militaire est supprimée, ce qui favorise l’Espagne qui envoie en 1829 un corps expéditionnaire.

Un coup d’État militaire destitue le président, et le nouveau président repousse les espagnols. Il est lui-même victime d’un coup d’État, du général Bustamente, qui suspend la constitution fédérale et s’arroge les pleins pouvoirs tout en se faisant proclamer président à vie. Il est également chassé par coup d’État. En résumé, l’établissement de la légalité républicaine et constitutionnelle est constamment annulée par des coup d’État militaires.

Santa Anna, un des pères fondateurs de la république, réalise à son tour un coup d’État. Il va dissoudre le Congrès, suspendre la constitution et également se déclarer président à vie en prenant les pleins pouvoirs. Mais la crise financière s’accentue, le Mexique dépense au-dessus de ses moyens et les populations s’insurgent. Face à cela Santa Anna rétablit la constitution mais va également préparer une réforme constitutionnelle qui vise à centraliser le gouvernement fédéral.

L’armée se rebelle à son tour, le général Barragan chasse Santa Anna du pouvoir. Il reprend le projet de Santa Anna et le 23 octobre 1835 une nouvelle république, sur la base de centralisation du pouvoir, remplace la Constitution de 1824.

B. La république unitaire de 1835

Les conservateurs vont chercher à restreindre la participation populaire et la représentation municipale pour centraliser le pouvoir. Tous les États fédérés sont devenus des départements calqués sur le modèle français. Cette politique centraliste et unitaire va inquiéter les régions, notamment le Texas qui décide de proclamer son indépendance. Cette révolution va déstabiliser le gouvernement. La Bataille de Fort Alamo voit la victoire des mexicains contre les texans, menée par Santa Anna qui est cependant fait prisonnier. En contrepartie de sa libération il signe un traité pour retirer ses troupes du Texas et appuyer sa reconnaissance à Mexico, qui leur répond ce que traité n’est pas valide.

Bustamente revient au pouvoir après un autre coup d’État sur Mexico, qui redevient une dictature en 1837. Les incidents diplomatiques avec l’étranger se multiplient et la situation financière a encore été aggravée par la levée des armées. Louis-Philippe décide d’envoyer des troupes françaises occuper le port de Vera Cruz, essentiel pour le commerce extérieur. Il est repoussé par Santa Anna, qui revient à Mexico et défait Bustamente jusqu’en 1844, où il est de nouveau renversé. Les libéraux reprennent le pouvoir, mais les défaites humiliantes vont pousser des régions à faire sécession. Le Texas est finalement annexé par les États-Unis. Un nouveau président, Herreira, est nommé au pouvoir, et est disposé à vendre aux États-Unis des territoires mexicains, ce que ne souhaitent pas les conservateurs. Une guerre civile éclate et Santa Anna essaye de résister, sans réussir à empêcher les américains à rentrer à Mexico. Un mouvement populaire va alors renverser le gouvernement centraliste et remettre la Constitution de 1824.

II. La division républicaine

La Constitution de 1824 est sans effet puisque c’est une dictature qui dirige de facto. En 1847 l’armée américaine occupe Mexico. Santa Anna va renoncer au pouvoir, et le gouvernement qui le remplace va négocier avec le gouvernement américain le traité de Guadalupe Hidalgo qui cède 1/3 du territoire aux États-Unis. En réaction au discrédit du gouvernement du Mexique, Santa Anna est rappelé au pouvoir en 1853 et se va se faire appeler Alter Sérénissime après s’être fait déclarer président à vie, ce qui marque une dévalorisation du régime républicain au profit d’un retour d’intérêt pour la monarchie. Pendant plus de 30 ans le Mexique cherche une stabilité.

A. L’alternative impériale

Les conservateurs et les libéraux, malgré ces 30 ans d’instabilité, vont comploter contre Santa Anna et le renverser au terme d’une révolution mais ne s’entendent pas sur les réformes à mener. Pendant la guerre civile, appelée « guerre des réformes », le gouvernement libéral va assumer le pouvoir législatif et dicter des lois connues sous le nom de « lois de la réforme ». Elle vise à supprimer les privilèges aristocratiques, la propriété des corporations, établir l’égalité de tous les hommes devant la loi, imposer le régime de la propriété privée et instaurer la séparation de l’église et de l’État. De plus, la réforme s’éloigne du modèle américain pour instituer un État fédéral monocaméral où seul le peuple est représenté, tout en limitant drastiquement les prérogatives de l’exécutif.

Les conservateurs mexicains, expatriés en France, sont décidés à renverser ce régime. Napoléon III, qui voit dans le Mexique un enjeu culturel et économique dans la bataille face à l’Angleterre et aux États-Unis, va intervenir lorsque Juarez décide de suspendre le remboursement des dettes de la République mexicaine. En 1863 Mexico est aux mains des français. Les conservateurs élisent Maximilien de Habsbourg empereur du Mexique. Un plébiscite, organisé par les français, se montre favorable à la restauration mexicaine. Or Maximilien va se montrer favorable aux libéraux et non aux conservateurs, qui l’avaient portés au pouvoir, et va marquer son indépendance face à la France. Ses soutiens s’amenuisent, en 1877 la guerre de sécession se termine et la menace des États-Unis au Mexique fait retirer les troupes de Napoléon III. Maximilien, isolé, perd la lutte contre Juarez. Le Second empire a échoué et la république peut se réinstaller sans obstacles.

B. La restauration républicaine

Après la chute du Second empire Juarez reste à la tête de la vie politique mais des rébellions, durement matées, vont marquer son mandat. A sa mort, son successeur va amender la constitution pour interdire la réélection du président du gouverneur, mais il sera renversé par le général Porfiro Diaz, avec le soutien des États-Unis. Sa présidence marque une période de stabilité après 1 demi siècle d’affrontement appelé porfiriat. Sous cette période la république fédérale est à la fois affirmée et dévoyée. Diaz établit un Sénat qui représente les États fédérés mais de l’autre côté renforce le pouvoir fédéral, en obtenant notamment le pouvoir de nommer les gouverneurs des États et va supprimer la clause constitutionnelle de non-réélection, ce qui transforme les élections en une fiction et lui assure de se faire réélire indéfiniment. Il se montre intraitable envers ceux qui lui sont hostiles tout en misant sur la corruption pour assurer le contrôle du gouvernement sur la population.

Cette période sera également marquée par un grand essor économique. Le Mexique développe les chemins de fer et devient le premier producteur d’argent du monde. Pour financer, Diaz fait appel aux capitaux étrangers en échange de certains privilèges, mais cela rendre le pays vulnérable aux crises internationales. Cette industrialisation se fait au détriment du capitalisme national et des mexicains, qui sont employés par les étrangers et dont les conditions de travail sont négligées. L’opposition libérale se constitue en relayant ce mécontentement au niveau fédéral. Madero est porté à la présidence et entend limiter la présidence de la république et convertir le pouvoir législatif en un parlement composé de deux chambres dans lequel les deux partis dominants seraient représentés. Il est cependant renversé par un coup d’État militaire en 1913, les deux chambres sont dissoutes. Une dictature militaire se met en place.

Une armée populaire se forme pour rétablir la Constitution, portée Carranza, un gouverneur d’État. Après deux ans de guerre civile, l’armée professionnelle est dissoute et l’État démantelé, et le gouvernement ne peut plus intervenir face aux révolutionnaires, guidés par Villa et Zapata. La guerre civile reprend, le Mexique sombre dans ‘anarchie et les États-Unis vont intervenir pour rétablir le parti gouvernemental. Carranza va réunir un Congrès constituant pour légitimer la présidence et donner un caractère constitutionnel à la dictature présidentielle, formé de quelques minorités, vainqueurs du moment, qui ne représentaient pas la diversité de la révolution. La république a permis à tous les ambitieux d’espérer conquérir le pouvoir, soit

par les unes, soit par les armes.


Chapitre 11 – La révolution française

L’idée de fonder une république n’apparaît pas tout de suite. En 1789 les États Généraux sont réunis par Louis XVI, ce qui n’avait pas été fait depuis 1 siècle. L’Ancien Régime est à bout de souffle financièrement. Les députés du Tiers-Etats souhaitent un vote par tête et non plus par ordre, ce que le roi refuse. Soutenus par d’autres députés de la noblesse et du clergés, portés par la philosophie des Lumières, il se prêtent serment de doter la France d’une Constitution et forment la première Assemblée Nationale constituante, qui est reconnue par le roi. La Constitution de 1791 installer une monarchie constitutionnelle, à l’exemple de l’Angleterre. On garde le roi mais on lui ôte une grande partie de ses pouvoirs : c’est l’Assemblée Nationale qui fait les lois et il ne peut plus nommer ses ministres, en plus de devoir prêter serment à la Constitution et non plus à dieu.

Mais la population n’est pas représentée : pour pouvoir participer au vote il faut payer un impôt (suffrage censitaire) et, pour être élu, payer encore plus. De plus, à l’extérieur, les monarchie européennes ne se réjouissent pas de voir un roi millénaire obligé de prêter serment. L’audace consiste à renverser le roi pour s’assurer qu’il ne jouera pas de double-jeu, car on le croit capable de renverser la révolution avec le soutien de l’Autriche. Le roi est destitué et l’assemblée, composée de modérés, monarchistes et soutiens, se trouve impuissante. Elle annonce sa dissolution et annonce une nouvelle assemblée : la convention nationale.

Le 22 septembre 1992 est proclamée la première république française, non pas pour proclamer une république mais pour réformer l’Ancien Régime, accorder au peuple des droits, réformer la fiscalité, la justice, pas tant pour se séparer de la figure du roi.

I. La république naissante : 1792-1793

Les questions sur le contenu de la Constitution, du pouvoir et des droits des citoyens divisent l’assemblée entre deux factions : les girondins et les montagnards.

Les girondins sont considérés comme modérés : ils veulent respecter le droit de propriété et sont hostiles aux groupes révolutionnaires (cf Commune de Paris). A l’opposé les montagnards sont les plus extrêmes. Ils veulent renforcer le république en faveur d’une re-distribution des richesses, que le peuple français ait le droit à l’insurrection et une égalité démocratique et financière maximale. La question sur l’exécution du roi va diviser les girondins, qui vont perdre en crédibilité suite au procès de Louis XVI. Après avoir renversé le roi, les montagnard s’attellent contre les girondins. Le 24 juin 1793 les jacobins adoptent la deuxième Constitution de la France, quasi-utopique car ultra-démocratique et ultra-égalitaire, mais qui ne sera pas mise en place en grande partie. Or la république est affaiblie, à l’extérieur l’envoi des troupes pour la bataille de Valmy, malgré la victoire, a épuisé les forces et à l’intérieur les vendéens se soulèvent contre la convention. Un système d’exception est mis en place avec la suspension de la Constitution en septembre 1793, au nom de la survie de la république, emprunt de dictature, à l’antique.

II. La république oppressante (1793-1794)

Le comité de Salut public est mis en place. Il suspend la Constitution, ce qui ouvre la période de la Terreur, qui devient un instrument our « régénérer » le peuple, après avoir fait abattre l’Ancien Régime, renversé le roi et unifié les forces politiques.

En octobre 1793 est votée la loi des suspects qui permet d’arrêter et détenir tous ceux qui sont considérés hostiles à la République, donc nobles, anciens nobles, clergé réfractaires, déserteur, etc. Un tribunal extraordinaire est chargé de juger à toute allure. La pratique de la Terreur consiste dans l’organisation de massacres qui visent également les députés. Même les montagnards vont être concernés, lorsque exagérés menaceront leur unité, au point que même Danton sera exécuté.

Les procès posent problème : pas de preuves, de témoins, de défense. On se prépare à la fin du système de la Terreur. Robespierre tente de mettre en place une nouvelle religion pour remplacer le catholicisme – car religion du roi – mais cela échoue et participe à l’affaiblir. Un coup de force est préparé, Robespierre est arrêté et sera exécuté.

La Constitution en suspens est restée lettre morte, et une nouvelle prendre 6 ans à être rédigée. La Constitution de 1795 sera la plus longue de la France, avec pour objectif de stabiliser les acquis de la révolution.

Le bilan de 1792-94 n’est pas brillant : on a renversé le roi sans respecter la Constitution,on l’a exécuté au terme d’un procès tronqué, on a poursuivi les révolutionnaires qui ont été exécutés, on a accompli des massacres en Vendée, etc. La responsabilité est mise sur les montagnards. Pour tirer une leçon : cette période a laissé l’idée d’une égalité, que la société doit être simplifiée, retrouver une vertu antique.




Chapitre 12 – Les 3è et 4è républiques

En 1848 les français ne s’attendent pas au rétablissement de la République, à la suite d’une révolution qui chasse Louis Philippe et qui est ressentie comme un évènement parisien. Lamartine réussit à dissocier la République de la Terreur, seulement quelques jours après sa promulgation elle devient une république martiale, commandée par le général Cavaignac qui sort vainqueur de la révolte parisienne. La nouvelle Constitution n’est ainsi pas soumise à l’acceptation du peuple.

Mais les républicains ont admis l’élection du président au suffrage universel masculin direct, et ainsi Louis Napoléon Bonaparte, neveu de Napoléon 1er, va être porté président de la république. Les députés suppriment le suffrage majoritaire et refusent que le président puisse se représenter, crise politique devient institutionnelle. Louis Napoléon tente de rétablir sans succès le suffrage universel direct, et cela devient une crise constitutionnelle. En décembre 1851 il renverse les institutions républicaines par un coup d’État et établit le Second empire.

I. La IIIème république contre le peuple

En 1870, en pleine guerre contre la Prusse, la République est rétablie en France. Or les français, par le plébiscite, ont préféré l’empire à la République. Les tensions sociales vont conduire les républicains à céder devant les exigences du chancelier allemand Von Bismarck, qui organise des élections pour savoir si le gouvernement de la défense nationale est encore légitime face à celui de Napoléon III. Les républicains perdent les élections en 1871. La France doit céder l’Alsace et la Moselle. Le gouvernail tombe entre les mains des royalistes, qui mettent en place une république conservatrice.

A. La neutralisation du peuple

Les royalistes et les républicains considèrent que le suffrage universel a sa part de responsabilité dans les malheurs du pays. Il est supprimé par les membres de la commission d’examen des lois constitutionnelles en instaurant le système des grands électeurs, autrement dit l’élite va se garder le dernier mot. Ils sont également d’accord sur la mise en place d’une chambre élue au suffrage indirect pour neutraliser la participation du peuple au pouvoir : le Sénat. Face à la mise à l’écart du peuple les bonapartistes, derrière le fils de Napoléon III, qui vont remporter la plupart des élections partielles jusqu’à devenir le parti d’opposition, fin 1870. Les républicains et les orléanistes, en réaction, suppriment la possibilité pour le peuple de s’exprimer par le référendum, et mettent en place l’élection du Président par le Parlement.

Un compromis est mis en place pour limiter le pouvoir du président, ce quipasse notamment par le Sénat, qu’il ne peut pas dissoudre, et dont l’avis conforme est nécessaire s’il souhaite dissoudre la chambre basse. Les élections de 1876 sont remportées par les républicains et le président, le maréchal Mac Mahon, et voient une coalition gouvernementale entre les royalistes et les républicains. Mais la politique des républicains contre la religion va générer une crise institutionnelle qui va pousser Mac Mahon a changer de gouvernement, contre lequel les républicains vont voter le jour même une motion de censure. Il faut alors trouver un arbitre entre gouvernement et députation, et ce sera le peuple. Mac Mahon dissout la Chambre, de nouvelles campagnes électorales ont lieu qui sont remportées par les républicains. Pour contenir davantage le pouvoir exécutif, le droit de dissolution est mis par la suite en hypothèque par les républicains.

Mac Mahon est amené à démissionner, remplacé par Jules Grévy, qui va promettre de ne jamais dissoudre la chambre des députés et renonce à utiliser son veto suspensif qui lui permet de demander une seconde délibération sur un texte ou une loi. L’absence de contrôle de constitutionnalité des lois va amener la toute-puissance des chambres, c’est-à-dire au régime d’assemblée.

B. Le peuple contre la République

Nombreux sont ceux qui critiquent la République. Dans ce contexte le général Boulanger tire une grande popularité, prend contact avec la population, refuse de réprimer des grévistes, ce qui va inquiéter les républicains qui l’écartent du gouvernement. Au même moment le président Grévy doit démissionner à cause d’un scandale familial, ce qui consolide l’opposition anti-républicaine, de droite comme de gauche, autour de Boulanger. Il va porter un programme parlementaire composé de 3 mots d’ordre : dissolution, constituante, révision. Il est élu triomphalement mais refuse de marcher sur l’Élysée ; les républicains en profitent pour dissoudre la ligue des patriotes qui le soutenait et menacent de traduire le général devant la Haute Cour de Justice pour attentat à la sûreté. Par dépit, en 1889, les électeurs choisissent de voter pour les républicains et les thèmes de campagne de Boulanger sont oubliés. C’est dans ce contexte qu’éclate l’affaire Dreyfus.

II. La IVè République contre la démocratie

En 1939 la France est lancée dans une guerre sans unité nationale au sommet. Le Gouvernement Dalladier tente de réarmer la France mais manque du soutient parlementaire, car les socialistes et les communistes refusent de participer au Gouvernement élargi. Le Parlement se dé-saisi de son pouvoir au profit du Gouvernement après un vote acquis à une faible majorité. Churchill est obligé de venir en France pour obliger Pal Raynaud, le successeur de Dalladier, à continuer la guerre mais la Chambre nomme Pétain à la présidence du Conseil. L’armée française est alors détruite, son gouvernement signe l’armistice avec l’envahisseur qui prévoit le maintient de 5 millions de prisonniers de guerre en Allemagne, l’occupation de la moitié de la France et la nécessité pour le gouvernement français de collaborer avec Berlin.

A. Refaire la République

Le 8 mai 1945 la guerre est finie, la France compte parmi les quatre puissances victorieuses de la Seconde Guerre mondiale. En rupture avec la tradition républicaine, le général de Gaulle et le parti communiste, sur le projet de De Gaulle, imposent l’organisation d’un référendum. Plus de 18 millions de personnes votent contre la 3è République, puis 13 millions d’électeurs approuvent ensuite le projet d’organisation provisoire des pouvoirs publics qui limite les pouvoirs de l’assemblée. La stratégie de De Gaulle qui consiste à ne pas créer de parti pour le soutenirconduit les modérés et les communistes à remporter la majorité des sièges à la constituante, qui décident alors que « la forme républicaine du gouvernement ne peut faire l’objet d’une modification ».

De Gaulle se résout à démissionner du gouvernement provisoire. Communistes et modérés proposent un nouveau projet constitutionnel qui prévoit une assemblée unique, difficile à dissoudre, qui désignerait les présidents de la république et les conseils ; les français refusent le texte, la constituante est dissoute et une nouvelle élection est organisée le 2 juin 1946. Celle-ci va renforcer l’influence de De Gaulle, dont les partisans vont cette fois remporter les sièges. Mais son projet rappelle trop le Second empire, et l’opposition républicaine limite De Gaulle à aller au bout de ses ambitions constitutionnelles. Le projet de Constitution prévoit de désigner les députés à la proportionnelle pour 5 ans, interdit à l’Assembléenationale de déléguer son pouvoir de voter les lois. Il met en place un conseil de la république élu au suffrage universel indirect restreint qui domine l’ensemble de l’édifice. La présidence de la république puisqu’il doit être élu par les deux chambres. Seule chose obtenue est la dissolution de la Chambre basse. De Gaulle rejette ce texte et appelle les français à s’y opposer Les communistes s’y opposent aussi mais l’occasion de lui donner un revers les conduisent à soutenir ce deuxième texte et le référendum du 13 octobre 1946 approuve de très peu. La 4è République naît sans enthousiasme.

B. Maintenir la république

L’objectif initial de l‘opposition gaulliste est de faire tomber la 4è. Le régime d’assemblée a montré son incapacité à défendre les intérêts de la France et les gaullistes craignent qu’elle devienne un satellite de Moscou, craignant l’incapacité du gouvernement français à rivaliser face aux deux blocs qui se mettent en place sur la scène internationale. La 4è république, à l’instar des autres pays européens, va mener une politique hostile aux communistes, cf communauté économique du charbon et de l’acier. [à compléter]




Chapitre 13 – L’Allemagne

En 1914 l’Allemagne est une monarchie constitutionnelle limitée qui ne connaît pas encore la logique de la responsabilité politique. De nombreux débats vont agiter le Reichstag. Il va renforcer son pouvoir de contrôle : en 1914 le Chancelier va être remplacé sous la pression du Reichstag, et en 1918 des réformes modifient la constitution impériale en disposant que le Chancelier a besoin de sa confiance. Le mouvement insurrectionnel, dont les revendications sont plus sociales que d’ordre politique ou juridique, va également participer à la transformation de l’empire allemand pour aboutir à la république, en conduisant à l’abdication de l’empereur Guillaume II en novembre 1918. Liebnecht proclame la république socialiste libre, mais celle-ci ne repose pas sur des bases solides, et aucune culture démocratique en tant que telle n’émerge. Comment s’est installée la république allemande, dite de Weimar ?

I. L’instauration d’un régime parlementaire : la République de Weimar

A. Le travail de l’Assemblée Constituante

La chute de l’empire allemand et le passage à la république est effectué par le travail de l’assemblée constituante, qui va aboutir à la Constitution de Weimar, élue à la proportionnelle selon le cadre de circonscription électorale et composée de socialistes et de libéraux. Puisque l’Allemagne sort à peine d’une domination impériale le gouvernement élabore lui-même des projets pour la Constitution. Plusieurs émergent et beaucoup de questions ne font pas consensus, notamment sur le fédéralisme. L’assemblée constituante doit également ratifier le traité de Versailles qui implique des concessions territoriales, militaires et économiques nombreuses, souvent qualifié de diktat par les allemands, et sur quoi s’appuiera une partie de la propagande du parti nazi. Les parlementaires refusent d’abord de ratifier ce traité, les débats sont également vifs au sein du Gouvernement, mais il est finalement signé.

B. Le socle juridique de la République : la Constitution de Weimar

La Constitution de Weimar est adoptée sur fond de rejet du traité de Versailles, de contestation de l’armistice, qui conserve cependant des liens avec la tradition de l’empire. La république de Weimar conserve le nom de Reich, le suffrage universel est affirmé, et la constitution du pouvoir se révèle mixte entre éléments de démocratie directe et représentative. Le Reichstag est l’assemblée des députés allemands, qui détiennent le mandat impératif. Le président est élu au suffrage universel, qui prête serment devant le Reichstag. Il s’agit d’une démocratie parlementaire, où le Chancelier et le gouvernement sont responsables devant le Reichstag. Mais la pérennisation de la République est difficile car le contexte est lourd, et des réformes sur la nationalisation, sur la question agraire ou l’industrie n’aboutissent pas. La grande propriété foncière persiste et l’aristocratie terrienne menace de détenir toute la puissance économique.

II. La fin de la république de Weimar

A. L’adaptation périlleuse au contexte de l’après-guerre

Malgré la naissance de nouvelles institutions républicaines, seule l’armée du Reich bénéficie apparaît comme une opposition crédible, le Reichstag renonce à contrôler la répartition des crédits qui lui sont attribués. Ses officiers sont d’anciens monarchistes qui regrettent l’ancien empire. La Reichswehr va incarner une volonté de contre pouvoir, ou du moins de traiter avec le gouvernement.

Le putsch du haut fonctionnaire prussien Knapp en 1920 est un échec. La même année, les élections législatives donnent des résultats extrêmes en faveur des nationalistes et des populistes et, de ce fait, le travail parlementaire s’en trouve gelé. L’armée publique va être fragilisée par l’effondrement monétaire de 1923, tandis que la montée du NSDAP inquiète. Des landers vont proclamer de nouveaux gouvernements, ce qui pousse le président Ebert à recourir à l’armée. La république est fragilisée. Le putsch de Munich du 8 novembre 1933, porté par l’armée de Bavière et soutenu par le parti d’Hitler, va être repoussé également, par le chef même de l’armée allemande qui n’en profite pas pour renverser la république.

S’ensuit une période de relative accalmie. En 1924 une restauration financière allège le poids de l’inflation, qui est maîtrisée jusqu’à la crise économique mondiale de 1929. Mais dès 1924 le président Ebert dissout deux fois le Reichstag, ce qui annonce la montée des partis extrêmes.

B. La chute de la république de Weimar

A partir de 1930 le république de Weimar conserve ses institutions en apparence mais se transforme en État autoritaire sur fond de crise économique. Bruning est nommé Chancelier du Reich, sans toutefois disposer d’une majorité parlementaire, et ne cache pas son hostilité avec la République et le traité de Versailles. Il va utiliser massivement les décrets-lois. Quand le Parlement va s’y opposer il va le dissoudre, ce qui laisse en parallèle l’occasion pour Hitler de gonfler ses voix, dont le parti obtient plus de 18 % aux législatives. Galvanisé, il va se présenter aux élections de 1932, où il ne se fait pas élire mais comptabilise 37 % des voix, tandis que le parti nazi obtient des victoires au niveau local.

Lorsque Hinderburg devient président, un autre chancelier est nommé, Von Papen, hostile à la forme républicaine. Le ministre de la guerre souhaite établir un gouvernement des droites, comprenant le parti nazi. Von Papen tente de faire voter un plan de relance économique au Reichstag, qui dépose une motion de censure. Il obtient une motion de dissolution mais, en violation de la Constitution, le président décide que la chambre avait été dissoute avant le vote de la motion de censure. L’idée générale du gouvernement est de faire un État pouvant aboutir à la restauration monarchique, mais le ministre de la guerre s’y oppose, plus par peur d’une guerre civile que pour conserver la République.

C’est ce terreau qui va permettre à Hitler d’accéder à la Chancellerie le 30 janvier 1933. Quand le président Hindenburg décède en 1934, Hitler obtient d’un plébiscite que les fonctions de président et de Chancelier soient fusionné et se fait appeler fürher. Formellement, la Constitution de Weimar n’a pas été abrogée par les nazi. S’il s’agissait de lire l’histoire de Weimar à l’aune d’un gouvernement de droite ultra-autoritaire, cette fois la forme républicaine s’éteint véritablement. Hitler va régner sous le 3è Reich.

Chapitre 14 – La République sociale italienne, Ville de Salo

De 1922 à 1943 un compromis est passé avec la royauté et les fascsites, qui tendait à leur laisser le pouvoir de renverser l’État libéral pour établir un État fasciste en contrepartie du maintient du cadre général des institutions monarchiques et des prérogatives royales. Durant cette période Mussolini s’est accommodé des statuts de la monarchie de Savoie, aussi appelée « statuts du royaume » ou « statuto ».

Suite à l’invasion des forces alliées en 1943, le grand conseil du fascisme commande à Mussolini de déposer sa démission au roi, qui l’accepte facilement et le remplace par le maréchal Badoglio. Pour briser l’appareil fasciste il fait verser la milice dans l’armée, le grand conseil du fascisme est dissout et toute manifestation interdite. Mussolini est arrêté, l’armistice est signée en 1943 et Hitler, qui voit dans un contexte un coup d’arrêt aux idées fascistes, décide de l’invasion de l’Italie. A partir de la chute du gouvernement libéral, l’État est divisé en deux, entre sud et nord. La restauration d’un État fasciste est décidée, et Hitler ordonne à ses soldats de libérer Mussolini, qui souhaite reprendre les armes du côté de l’Allemagne et du Japon et réorganiser les troupes para-militaires fascistes. Le Duche et ses complices s’installent à Salo, et la république sociale italienne, aussi appelée république de Salo, est proclamée. Les circonstances politiques rendent difficiles les rapports entre le fascisme et la république, mais libéré de la royauté il va trouver son cadre d’épanouissement.

I. République et fascisme

A. Républicanisme et fascisme

Les fascistes veulent apporter une réponse à la crise de la civilisation démocratique et libérale, marquée par l’atomisation des sociétés européennes, c’est-à-dire le développement de l’individualisme, du matérialisme, et des dysfonctionnements de la démocratie parlementaire. Pour les mouvements de gauche le fascisme représente une vraie démocratie, totalitaire, capable d’intégrer le peuple à l’État par un encadrement, cf Rousseau et la théorie de la volonté générale. La régénération des individus passe par la pédagogie politique. La représentation est détestée des fascistes, qui lui reproche de légitimer une minorité supposément éclairée, à l’instar des États-Unis. Mazzini, fréquemment évoqué dans les discours fascistes, est le père théorique de l’unité italienne au 19è siècle. Les fascistes vont reprendre ses thèmes sur l’unité politique ou la religion. es républicains vont diversement l’interpréter. Tous dénoncent la bourgeoisie libérale. C’est ainsi que les républicains vont faire le choix du fascisme, en le considérant comme l’artisan de la révolution républicaine, et cèdent en 1922 par « pragmatisme ». Lorsqu’ils sont repoussés par le roi en 1943, les fascistes vont réaffirmer leur républicanisme initial.

B. Forme républicaine des régimes fascistes

Le problème de la royauté c’est qu’il y a un roi, et que ce chef, qui a sa propre légitimité, a le pouvoir de faire obstacle. Mussolini a compris qu’il devait accéder au pouvoir par la voie légale. Le compromis avec la monarchie a été l’établissement d’une dyarchie institutionnelle déséquilibrée au profit du chef de Gouvernement, donc de Mussolini.

La loi du 24 décembre 1925 fait de Mussolini, président du Conseil, le chef du Gouvernement. Cette même loi affirme que le pouvoir exécutif est exercé par le roi au travers de son Gouvernement. Le Grand conseil du fascisme, en place depuis 1923, est élevé en 1928 au rang d’organe de l’État. le Parlement, attribue à ce conseil un rôle de consultant sur toutes les questions à caractère constitutionnel et donc notamment celles sur la succession au trône : on supprime le roi lentement. Une union nationale fasciste est crée au sein du Sénat, chargée de regrouper les partisans du régime fasciste et de marginaliser les conservateurs. Mussolini s’attribue le titre de 1er maréchal de l’empire, et remet en cause l’une des dernières prérogatives du roi : être le commandant suprême des armée d’Italie. Ils deviennent tous deux les premiers maréchaux d’Italie.

Ce régime totalitaire suppose la suppression de l’institution royale, ce qui est de moins en moins cachée par les membres du parti fasciste dans les années 40. L’entrée de l’Italie dans la 2ème Guerre Mondiale en 1940 fournit l’occasion d’un nouveau conflit avec le roi. Mussolini, qui souhaite prendre le commandement des armées italiennes, va rencontrer de nouveau l’opposition du roi mais un nouveau compromis va être trouvé : il reçoit le commandement suprême des troupes.

Pourquoi Mussolini n’abat pas cette royauté ?Le roi incarne la cohésion, le supprimer ce serait diviser, et les fascistes tendent justement vers l’unité nationale. Ce républicanisme de l’idéologie fasciste à inciter des socialistes à rejoindre les fascistes.

II. La République fasciste

A. Fonctionnement

Le 1er décembre 1943 la république est proclamée dans la ville de Salo. Puisqu’il n’y a pas d’administration italienne ce sont les nazis qui s’en chargent. Mussolini va se fixer 3 objectifs : la mise sur pieds d’un armée autonome des nazis, la convocation d’une assemblée constituante et enfin la socialisation des entreprises. Hitler se méfie, à cause de l’échec précédent de Mussolini.

Le conseil des ministres de Mussolini va contester son accord avec Hitler, notamment pour cause de l’interdiction pour les soldats d’adhérer au parti fasciste républicain. Mussolini tranche : l’armée italienne devra rester apolitique, alors que les troupes paramilitaires de la république de Salo, elles, seront fascistes et autonomes. Mussolini va menacer de mort les déserteurs, ce qui ne va faire que gonfler la résistance contre la république sociale italienne. Pour Mussolini, l’armée autonome est un échec total.

Le deuxième chantier est la rédaction d’une nouvelle Constitution. Le gouvernement renvoie finalement le projet, car il suscite beaucoup de discussions enflammées. Le troisième est le décret du 12 février 1944, « le l’administration socialisée de l’entreprise »., qui impose la création d’un conseil de gestion à toutes les entreprises privées. Ce projet nourrit le rêve de la troisième voie entre le capitalisme et le communisme. Mais la socialisation se heurte à plusieurs obstacles : la résistance passive des entreprises, l’hostilité du monde ouvrier, détaché du fascisme depuis longtemps, qui répond par ces mesures par la grève en mars 1944, et l’opposition des allemands. Les fascistes détruiront tout par « respectabilité bourgeoise », car leur alliés vont être trop socialistes, ce qui provoque fracture entre l’idéologie fasciste et les nazie, qui se méfie de ce que devient la république de Salo. Mussolini est conscient de sa précarité, et voit arriver une révolte générationnelle au sein de l’idéologie fasciste. Il va devenir le représentant d’une génération qui a entaché l’idéologie fasciste par la compromission avec la royauté. Il accepte que sa milice intensifie sa lutte contre les anti-fasciste alors qu’il y aurait souhaité un apaisement. Les communistes vont engager une guerre politique sans pitié contre les fascistes. Si les adhésions à la république étaient sincères, très vite la majorité des italiens, prise en étau entre deux feux, les fascistes et les communistes, se réfugie dans un attentisme prudent. Comme en France, en 1944, l’attitude des italiens ne doit pas être vue comme un refus de choisir entre collaboration et résistance mais doit être compris comme une attente du départ des allemands.

B. Effondrement

La république est mise en tension avec celle du Duche, mais rien n’y fait : la république fasciste perd la guerre des esprits. Sa compromission avec l’Allemagne et ses exactions contre la population l’a inexorablement éloignée. Mussolini réclame à Hitler des moyens militaires, qui exige à son tour que l’ordre soit maintenu en Italie. Mussolini pense alors qu’il est nécessaire de se rapprocher des partis politiques conventionnels, notamment les socialistes. Sentant que la défaite allemande est inéluctable, il cherche à négocier une reddition non pas avec les alliés mais avec les forces politiques italiennes. La trahison vient cependant des allemands, qui abandonnent Mussolini. La situation empire lorsque les alliés arrivent.

Mussolini se replie, ne trouve plus le soutien de ses partisans fascistes et est arrêté lorsqu’il est reconnu par un groupe de communistes. Il est fusillé sur-le-champs. Si Mussolini reconnaissait que la « république est la réalisation du fascisme », en négatif, il disait que la royauté « limitait » les excès de la république, et en ce sens la république n’est pas l’agonie du fascisme mais son aboutissement. C’est sûrement la leçon la plus terrible.

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